L’apprentissage non-associatif
Cet article est la partie 2 de 4 du dossier L'apprentissage en question

Le choix de la méthode d’apprentissage est une question clé quant au bien-être de notre cheval. Arriver à jongler entre son épanouissement et nos désirs équestres est un objectif ambitieux. Dans ce dossier, nous vous proposons un condensé des principaux mécanismes d’apprentissage du cheval.

L’éthologue Marthe Kiley-Worthington donne le ton, d’après elle, « les problèmes comportementaux des chevaux sont dus, en grande partie, à un conditionnement (apprentissage) incorrect ». Il ne faut donc pas prendre l’éducation équine à la légère. Il est d’ailleurs inutile de préciser que vu la carrure de nos compagnons, de mauvaises habitudes peuvent rapidement tourner à l’accident. Nombreuses sont les méthodes d’apprentissage à avoir plus ou moins fait leurs preuves dans les milieux équestres. Cependant, le choix se complique lorsque les questions éthiques se posent. Nous parlerons ici essentiellement de mécanismes d’apprentissage et ne porteront donc pas de jugement sur les différentes méthodes. A vous de faire le choix le plus correct pour faciliter l’apprentissage de votre compagnon en respectant sa nature.

1280460_10151910933852437_2146852911_nAvant toute chose, il existe deux grands modes d’apprentissage chez le cheval : l’associatif et le non-associatif. Dans cet article, nous nous concentrerons exclusivement sur ce dernier. L’apprentissage non-associatif s’effectue suite à une expérience avec une seule catégorie d’événements. Il peut y avoir différentes formes d’apprentissages à ce niveau. La plus simple est l’habituation, qui correspond au phénomène d’accoutumance. Dans ce cas, le cheval apprend à ne plus répondre à un stimulus (non douloureux). On peut par exemple imaginer le cas d’une bâche laissée au pré pendant une durée déterminée. Au départ, le cheval pourra prendre peur, mais à force de la voir et de se rendre compte qu’elle est inoffensive, il arrêtera de réagir, et donc s’habituera à sa présence sans s’en inquiéter. Sans cette manière de discriminer des éléments de son environnement, le cheval serait toujours sur le qui-vive et fuirait sans cesse. Ce mode d’apprentissage a donc un effet important pour son épanouissement et son bien-être. Le phénomène d’habituation bénéficie d’une valeur adaptative importante pour les équidés. Ce type d’apprentissage est de loin le plus commun chez les jeunes chevaux, mais continue tout au long de leur vie. Ce processus peut aussi se présenter lorsqu’on « routine » les chevaux à des situations au départ effrayantes. Par exemple, les chevaux de la police montée habitués aux coups de feu et à la foule. Ce qui est assez intéressant au sujet du phénomène d’habituation est que les chevaux n’ont pas tendance à généraliser. Il a en effet été démontré qu’un cheval habitué à un stimulus qui l’effrayait auparavant, peut malgré tout montrer de vives réactions en présence d’un stimulus très proche de celui auquel il a été habitué.

 

316147_379714592148024_1773497984_nDans l’apprentissage non-associatif, une deuxième catégorie existe. Il s’agit de la sensibilisation. Ce phénomène constitue l’opposé de l’habituation. Lors de la sensibilisation, un stimulus devient capable de déclencher une réponse, ou d’en augmenter la réaction. C’est à travers ses expériences que le cheval va apprendre à davantage réagir à tel stimulus. Comme l’habituation, la sensibilisation bénéficie d’une importante valeur adaptative. Suite à une expérience riche en émotions, l’animal aura tendance à réagir encore plus fort la fois d’après. Ces effets sont d’ailleurs souvent de plus longue durée que ceux générés par l’habituation. Il est important de noter que plus les stimuli sont douloureux, plus la sensibilisation est facile. Ceci explique pourquoi des chevaux ayant eu de mauvaises expériences par le passé peuvent parfois avoir des réactions très violentes face à un stimulus en apparence inoffensif. Il convient donc d’utiliser le mécanisme de sensibilisation avec calme et réflexion.

Il existe également une autre forme d’apprentissage non-associatif : l’empreinte. Dans ce cas, aucun renforcement n’est nécessaire. Ce processus permet aux jeunes animaux d’apprendre rapidement les caractéristiques des individus de leur espèce. Contrairement à l’habituation et à la sensibilisation, ce phénomène ne se présente que lors de périodes particulières dans la vie du cheval. Ces apprentissages se font principalement après la naissance et sont rapidement ancrés dans la mémoire de l’animal. Le sujet est cependant encore un peu polémique du côté des éthologues, chez qui les avis divergent.

La deuxième partie de ce dossier concernera l’apprentissage associatif.

 

Sources :

Parcours du dossier<< L’apprentissage en question : introductionL’apprentissage associatif >>

3 commentaires

  1. Viprey danielle Auteur avril 6, 2015 (1:59 )

    Bonjour,
    Nous eduquons nos chevaux et mulets avec des codes simples: voix, postures et recompenses.au debut d’ un apprentissage,on demande peu et on recompense bien, puis quand le cheval sait bien faire les choses , on enchaine plusieurs demandes et on espace les recompenses en nourriture, en gardant l’ encouragement vocal .parfois, certains chevaux ont du mal a enchainer et attendent la recompense pour chaque chose demandee, comment encourager le cheval a continuer sans etre injuste envers lui, diminuer la recompense entre les exercises, avez vous aussi ce type de probleme avec le clicker qui se substitue petit a petit a la recompense nourriture?? Se contente t il du son du clicker comme recompense ou attend t il ensuite le morceau de carotte? Recompensez vous quand meme en carottes a la fin de seance, apres deux ou trois exercises??
    Nous avons un petit film sur facebook et un article presentant notre projet de monte en liberte: Franch’Liberte
    Cordialement,
    Danielle

    Répondre à Viprey danielle
    • Gaëlle Colinet Auteur avril 8, 2015 (6:20 )

      Attention, le clicker en soit n’est jamais une récompense. Le clicker est associé à la récompense. Un click non suivi d’une récompense ne déclenchera rapidement plus de réaction de la part du cheval. Une fois les exercices bien appris, rien ne vous empêche d’espacer les clicks, mais ne donnez clicker jamais un cheval chargé sans le récompenser. Même un click réalisé par erreur doit être récompensé, sous peine d’extinction.

      Répondre à Gaëlle Colinet
  2. Marie Auteur octobre 26, 2016 (5:20 )

    Bonjour,

    Pourriez vous donner un exemple concret d’apprentissage par sensibilisation (donc non-associatif) SVP? Merci 🙂

    Répondre à Marie

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