Apprentissage social et observationnel
Cet article est la partie de 4 du dossier Cognition et apprentissage

Les chevaux vivent en horde, et sont capables d’apprendre de leurs congénères (notamment copier leur comportement). Cette aptitude est fréquemment utilisée dans l’entraînement du jeune cheval, en le travaillant en présence d’un cheval formé et plus âgé : plus largement, cette technique a des implications importantes en terme de bien-être, particulièrement au niveau de l’habitat du groupe social, et des changements d’environnement/gestion auquel un cheval peut-être fréquemment soumis. Malgré cela, peu d’études sont disponibles sur la façon dont les chevaux apprennent réellement de leurs congénères. Dans la littérature scientifique, l’apprentissage observationnel est défini comment l’apprentissage grâce auquel un individu acquiert une nouvelle compétence/comportement via l’observation des actions (et de leurs conséquences) d’un autre individu, la plupart du temps un congénère. Cet type d’apprentissage a été démontré dans de nombreuses espèces : toutefois, la preuve n’est pas formelle pour les chevaux, malgré de nombreuses anecdotes.

Résumé des résultats à ce jour

Certains études suggèrent que les chevaux apprennent de leurs congénères lorsque ces derniers leur sont familiers et ont place de dominance dans la horde (ndtr : notons toutefois que la notion de dominance chez le cheval est sujet à discussion…). Par exemple, dans le cas où les chevaux peuvent regarder un dominant familier, un subordonné familier, ou un inconnu apprendre à suivre un entraineur dans un rond de longe : les chevaux subordonnés imitent le comportement des chevaux familiers et dominants, même lorsque ce dernier donnait une réponse incorrecte (ne pas suivre l’entraineur) ; les chevaux dominants n’apprennent pas des subordonnés connus ; les chevaux n’apprennent pas de chevaux inconnus. Dans une autre étude, il a été démontré que les chevaux de « moindre rang » dans un groupe sont moins suivis (par exemple pour de la recherche de nourriture) que des chevaux de rang plus élevé.

Les chevaux apprennent de leurs congénères lorsque ces derniers leur sont familiers et ont place de dominance dans la horde

Les chevaux apprennent de leurs congénères lorsque ces derniers leur sont familiers et ont place de dominance dans la horde

Il a été également démontré que les chevaux n’étaient pas capables de suivre des indices liés à des motifs (par exemple, utiliser un motif noir et blanc vs une couleur jaune) lorsqu’ils observaient un autre cheval faire ce genre de test, mais démontraient une légère tendance à suivre des indices spatiaux (espace entre eux et la récompense alimentaire). Cela pourrait être lié au fait que les chevaux semblent performer davantage en apprentissage spatial simple (cela n’est pas le cas pour des situation avec des détours, type labyrinthe) qu’en apprentissage lié à des motifs : le premier leur est donc plus aisé.

Toutefois, certaines études n’apportent pas la preuve de l’existence de cet apprentissage observationnel, notamment dans le cas où les chevaux observaient une tâche inconnue (ouverture d’une poubelle contenant une récompense alimentaire en appuyant sur une pédale). D’autres facteurs impactent également la bonne exécution de la tâche: les chevaux jeunes ont davantage de comportements d’investigations, et interagissent avec les équipements de test davantage que des chevaux plus âgés : alors qu’ils n’étaient pas forcément plus « meilleurs » sur cette tâche, le fait d’explorer davantage pouvait leur donner des avantages supplémentaires. Une autre recherche supporte cette théorie, en démontrant que des chevaux échouaient à apprendre une tâche instrumentale (ouvrir un contenant en faisant glisser le couvercle avec le nez) après avoir observé un autre cheval le faire correctement, mais interagissent avec l’équipement davantage. Des races considérées comme « non proches du sang » (en général plutôt calmes, agréables, trapues) ont tendance à apprendre une tâches opérantes simples plus vite que des races proches du sang (plus excitables, énergiques). Ces aboutissements ont été étendus par la suite: les chevaux jeunes, de rang inférieur, et plus curieux ont été davantage capables de tirer une corde et ouvrir un tiroir contenant de la nourriture après avoir observé un cheval plus âgé effectuer l’action. Les jeunes “observateurs” apprennent plus vite et terminent plus correctement de tests expérimentateurs que des chevaux plus âgés; que cela soit dû à son âge, son rang, sa tendance exploratoire, nous n’avons que peu d’informations à ce sujet.

Limites

A ce jour, la preuve d’un apprentissage social chez le cheval est inconsistante: à ce jour, cela peut être dû davantage à des problématiques de conception des études, ainsi qu’un manqué de recherches sur ce sujet, qu’à une réelle absence de capacités d’apprentissage observationnelles chez le cheval. De nombreuses études passées n’ont pas réussi à prendre en compte les expériences passées du cheval, ou la relation entre l’observateur et le démonstrateur, entrainant donc une difficulté pour donner des conclusions solides. Vu les divergences entre les résultats et des anecdotes liés à un apprentissage social, davantage de recherche est nécessaire, que ce soit pour déterminer le contexte dans lequel l’apprentissage social a davantage l’occasion d’arriver, ou pour mieux comprendre les processus en jeu – notamment ceux qui pourrait semble du ressort d’un apprentissage observationnel/social pour les entraîneurs.

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