Perception, personnalité et apprentissage du Cheval
Cet article est la partie 3 de 5 du dossier Relations entre la sécurité humaine et la manipulation du cheval

La perception du cheval

Le fait de répondre de manière appropriée aux défis de son environnement est primordial pour la survie du cheval. Ils sont en effet programmés à fuir le danger, ou à y faire face si la fuite n’est pas possible. La sécurité des comportements inter-espèces peut être améliorée grâce à une bonne compréhension du système sensoriel et des réponses du cheval à celui-ci. Les chevaux utilisent en effet une combinaison d’indices visuels, auditifs et olfactifs afin de détecter le danger :

  • Les indices visuels et auditifs sont les indices principalement en jeu lors de situations d’alerte et
    fuite

    Ils sont en effet programmés à fuir le danger

    de fuite (les chevaux sont capables de discriminer des photographies entre des visages humains selon les émotions);
  • Les indices olfactifs sont plus liés à des situations de vigilance.

Chez l’homme, ces indices sont principalement le son, les mouvements, les interactions tactiles et les odeurs (personnelles ou sur les vêtements). De plus, le cheval voit différemment de l’Homme car sa rétine est conçue d’une autre manière : le cheval a évolué vers une meilleure détection des prédateurs, et non pas vers une bonne identification des objectifs immobiles (d’où leur tendance à avoir à nouveau peur d’un objet connu selon le lieu, sa position, etc.).  Le cheval serait également sensible à la sueur du cavalier (indice sur sa frustration et son état émotionnel).

Le contact tactile est également à prendre en considération

Le contact tactile est également à prendre en considération

Le contact tactile est également à prendre en considération. Les chevaux sont capables de répondre à des pressions trop légères pour que l’Humain les sente. Par conséquent, lors du travail d’un cheval, il est difficile pour le cavalier de ne pas envoyer des signaux involontairement (manque de stabilité, etc.). Le cheval aurait donc des difficultés à comprendre entièrement le message du cavalier, alors qu’un contact tactile positif permet d’aider à l’éducation, d’améliorer la relation inter-espèces et pourrait même être un facteur positif sur la santé (en effet, ce « grooming » réduirait le stress).

La capacité d’apprentissage

Depuis la domestication, l’être humain essaye d’entraîner les chevaux à répondre correctement et rapidement à certains signaux afin d’effectuer certaines tâches. Malgré l’importance et le statut des chevaux dans la société, il existe peu de recherches dans la littérature scientifique sur les capacités d’apprentissage.

Un stimuli: le sac en plastique

Un stimuli: le sac en plastique

Les capacités d’apprentissage sont souvent limitées à cause d’un haut niveau de peur (lié par exemple à une isolation de ses congénères, l’exposition à un nouvel objet ou à un nouvel environnement). Dans le cas de la manipulation d’un cheval, le premier pas est évidemment de vérifier que le cheval n’a pas peur de l’Homme (apprentissage ayant souvent lieu dans l’enfance du cheval).

Ces capacités sont déterminées par le temps d’exposition aux stimulus, et l’introduction d’une méthode de renforcement associée. Ce dernier doit suivre le modèle de comportement souhaité immédiatement ou le plus possible. Reporter les indices ou ne pas être clair, peuvent gêner le succès de l’apprentissage : par exemple, deux stimuli forts en même temps peuvent « bloquer » le cheval et ne rien lui faire apprendre du tout. Les apprentissages semblent être influencés par la fréquence, la distribution temporelle et la durée des cessions de travail. Il serait idéal d’éviter les séances longues demandant une forte concentration.

De plus, une étude a travaillé sur deux types d’exercices :

  • Discrimination spatiale (récompense alimentaire placée au bout d’un bras dans un labyrinthe à deux bras)
  • Discrimination liée aux « stimuli » (présence de nourriture indiquée par panneaux rayés de noir et de jaune)

Pour les chevaux ayant compris le premier type de discrimination, il leur était très compliqué d’apprendre le deuxième type de discrimination dans la mesure où ils faisaient face à deux stimuli (attention donc à nos propres incohérences au travail par rapport à nos demandes et aux apprentissages des chevaux).

Enfin, les capacités d’apprentissages des chevaux dépendent individuellement beaucoup des tâches demandées : les chevaux naturellement plus calmes semblent être plus performants que les chevaux plus réactifs.

La personnalité des chevaux

Le tempérament (définit comme l’ensemble des réponses de base, étant stables dans le temps et les situations d’un individu), la personnalité (comportement qui est modifié par le comportement et l’environnement), l’émotivité et la tendance à la peur reflètent des différences entre les chevaux qui peuvent aider à trouver la discipline adéquate pour un cheval. Les traits de la personnalité sont plus importants pour les cavaliers et les éleveurs que les performances réelles. Mais comment évaluer la personnalité ?

Mais comment évaluer la personnalité ?

Mais comment évaluer la personnalité ?

Les scientifiques ont développé différents tests comportementaux :

  • Test à « champ ouvert » : un animal seule est placé dans un manège/une carrière familière ou non familière afin d’observe ses réponses à une séparation sociale et/ou à un lieu nouveau. Cela entraîne la question suivante : est-il préférable de travailler en situation d’isolation sociale ou entouré de congénères ?
  • Présentation de nouveaux objectifs ou personnes, afin d’évaluer les réactions de peur à la nouveauté. Les réactions sont les mêmes, que la nouveauté vienne d’un objet ou d’une personne. Pour autant, notamment pour les humains, les chevaux sont imprégnés de leurs précédentes expériences et rendent difficiles la généralisation de ces tests.

Les chevaux ont tendance à réagir de la même façon dans ces deux tests (réactivité, etc.), entraînant donc la conclusion que les chevaux ont des dispositions comportementales dans le temps et selon les situations. Après un test standardisé auprès de cavaliers expérimentés (parcours imposé avec un obstacle, un slalom et un stimulus auditif), ces derniers auraient tendance à ressentir des traits de personnalités identiques aux résultats obtenus objectivement. Il pourrait donc être intéressant d’effectuer des tests objectifs ainsi que des tests avec des cavaliers pour évaluer si un cheval pourrait convenir à un enfant, etc.

Parcours du dossier<< Les causes d’accidents à cheval, blessures et facteurs de risqueL’Homme en tant qu’individu et compagnon du cheval >>

Commenter

*Informations requises Merci de donner les informations requises

*

*

Sur l’agenda
  • Rien pour le moment.
Restez informé !
Alter Equus sur Facebook
});