L’Homme en tant qu’individu et compagnon du cheval
Cet article est la partie 4 de 5 du dossier Relations entre la sécurité humaine et la manipulation du cheval

Chez l’Homme : compréhension et comportement

Chez l’Homme, il est possible de considérer 7 facteurs comportementaux, notamment la posture, les signaux vocaux et olfactifs et le focus (direction du regard). Ces facteurs sont essentiels vu la subtilité des chevaux (nous connaissons tous Clever Hans, qui savait compter en analysant le regard des spectateurs !).

Les chevaux ont tendance à latéraliser leurs réponses par rapport à un nouvel objet : plus un cheval en aura peur, plus il stimulera son hémisphère droit (réponses émotionnelles négatives, alors que les deux hémisphères sont mobilisés lors d’une réponse émotionnelle positive). De même, la vitesse de l’approche (directe – contact visuel, longe, etc. ou indirecte – pas de contact visuel, relaxation de l’humain) a un impact sur le cheval : avancer doucement est préférable et semble avoir un effet positif sur le comportement du cheval.

Notre comportement émotionnel a également un impact sur les chevaux

Notre comportement émotionnel a également un impact sur les chevaux

Notre comportement émotionnel a également un impact sur les chevaux. Ces derniers ont tendance à avoir une accélération du rythme cardiaque en présence de personnes ayant des sentiments négatifs envers les chevaux. La nervosité du cavalier augmente donc l’anxiété et la réactivité du cheval. Globalement, l’interaction entre le cheval et l’Homme est le résultat de l’interaction entre le tempérament du cheval et celui de l’Homme, interaction qui ne peut être créée par un « coup de baguette magique ». Cependant, la connaissance scientifique et l’expérience peuvent aider à améliorer l’attention et les facultés d’adaptation afin de lire les signes et le langage corporel du cheval.

Chevaux et Hommes au sein de « programmes d’éducation »

Conseils généraux d’éducation

Plusieurs conseils sont à considérer au moment de l’interaction avec un cheval :

  • Le cavalier doit être capable de contrôler son propre corps et de gérer le caractère du cheval.
  • Il doit être capable de rester calme, concentré, à l’écoute positive en même temps, ainsi que d’être capable de communiquer correctement avec son cheval.
  • Avant de travailler, le cavalier doit être capable de gagner la confiance de son cheval afin que celui-ci soit relaxé (contact physique – grooming, sont agréables).
  • Être conscient de la sensibilité sensorielle du cheval, notamment tactile (poids du corps, contact, etc.) et auditif (les chevaux sont capables d’associer des mots et des tâches spécifiques).
  • Utiliser des renforcements positifs, qui auraient tendance à réduire les comportements à risques (plus efficaces que le renforcement négatifs) et permettraient au cheval de mieux apprendre, pour une plus longue durée.
  • Être capable d’utiliser une méthode appropriée : bonnes associations, éviter le plus possible des stimuli désagréables et entraînant une montée de stress, ou encore une frustration liée à des attentes non atteignables
  • Travailler en même temps que d’autres chevaux afin d’éviter le stress lié à l’isolement.

Conseils relatifs à la sécurité

Plusieurs conseils plus spécifiques sont proposés par rapport à la sécurité :

  • Le cheval doit être en confiance par rapport à son environnement, à la présence de l’Homme : l’Homme devient une situation plaisante et positive.
  • Désensibilisation à certains stimuli, afin de les appréhender de manière plus calme.
  • Utilisation de conditionnement classique (mettre un mot sur une demande) à condition d’avoir un timing approprié ; un cheval motivé apprendra également mieux.

Les cavaliers ont souvent tendance à utiliser des punitions sans le vouloir, et également à punir sans réelle proportion par rapport à l’ “erreur” du cheval. Il est crucial que les cavaliers évitent ce genre de comportement, sous peine de devenir frustrés et d’entraîner un problème de comportement.

Les chevaux sont capables de reconnaître des personnes familières ou non

Les chevaux sont capables de reconnaître des personnes familières ou non

Les chevaux sont capables de reconnaître des personnes familières ou non, et de généraliser un comportement aux humains, pour certains conditions spécifiques (nourriture au pré par exemple) ou non. La généralisation des comportements peut être positive (permettre au cheval de mieux gérer la nouveauté), cependant poussé à l’excès, cela entraîne des chevaux mécanisés, aux capacités cognitives entravées (études de Hausberger sur les chevaux de dressage à haut niveau).

L’humain peut également être au contact du cheval tôt dans sa vie. Cependant, une manipulation précise des jeunes poulains n’est pas bénéfique au niveau des apprentissages de ces derniers. La quantité et la qualité de la socialisation du poulain sont cruciales pour construire des associations de long terme. Les études sur la manipulation précoce sont contradictoires : soit elle n’apporte rien, soit elle amène les poulains à être plus confiants, moins peureux.

Par la suite, quelles techniques utiliser ?

Nous demandons souvent à nos chevaux de supprimer leurs instincts et d’apprendre des tâches bien éloignées de leur comportement naturel, accompagnés parfois de cavaliers aux comportements incohérents. Depuis peu, des techniques de manipulation « naturelle » se développent auprès des cavaliers, en s’intéressant à l’éthologie naturelle du cheval ferral.  Peu d’études sont disponibles sur cette technique : elle serait apparemment centrée sur l’apprentissage du cheval, et encouragerait le cheval à rester proche du cavalier.

En termes de bien-être, il est important de ne pas penser « maître-serviteur » au niveau de la relation homme/cheval

En termes de bien-être, il est important de ne pas penser « maître-serviteur » au niveau de la relation homme/cheval

En termes de bien-être, il est important de ne pas penser « maître-serviteur » au niveau de la relation homme/cheval, mais plutôt en terme de liens « égaux » inter-espèces. Utiliser des comportements positifs semble améliorer la communication humain/cheval et réduire les réactions de peur. Cela peut consister à manipuler doucement (nourriture, brossage) afin d’avoir une plus grande coopération du cheval. Cette dernière serait meilleure si l’Homme est plus cohérent et clair afin que le cheval comprenne et reconnaisse la question, et puisse proposer la réponse la plus appropriée.

Le cavalier doit donc apprendre en terme de connaissances et compétences concernant le bien-être du cheval. Chercher notamment à ne pas créer la confusion chez le cheval avec des méthodes incorrectes, utilisation de l’hyper flexion, etc. De même, l’utilisation de martingales, muserolles, cravaches, rênes fixes, éperons peuvent causer de la douleur chez le cheval, et entraîner de l’hyper réactivité, une vigilance accrue (ruade, cabrer, etc.), augmenter la fréquence cardiaque et la pression sanguine. Si le cheval souffre de douleurs pendant une longue période, les mécanismes d’adaptation peuvent entraîner de la résignation acquise, apathie, symptômes physiques de stress chroniques.

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1 commentaire

  1. Marie Lhorloger Auteur mai 18, 2015 (5:19 )

    Juste une parenthèse, mais d’après ce que j’ai pu lire de mon côté, Clever Hans (et les autres…) ne se bornait pas à trouver les réponses aux questions qu’on lui posait dans le regard des autres, il y avait eu pas mal de tests pour éliminer ce biais. Notamment pour certains calculs il était évident qu’aucun humain ne pouvait avoir la réponse en tête (calculs trop complexes pour les faire de tête).

    Répondre à Marie Lhorloger

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