Conclusions Finales
Cet article est la partie 8 de 8 du dossier Expression faciale et communication sociale

Chez un grand nombre d’espèces (primates, ongulés, carnivores, cétacés et insectes), l’augmentation de l’encéphale à travers le temps est associée à l’augmentation du groupe social, de sa complexité et de sa stabilité. Les tissus nerveux demandent davantage d’énergie, les capacités cérébrales augmentent et sont supposées avoir des avantages en terme d’évolution (capacités sociocognitives notamment).

Malheureusement, cette recherche n’a eu lieu, pour l’heure, qu’au sein d’un faible nombre d’espèces.10430845_10205058934446613_2155610880619782659_n

Quid de notre compagnon cheval ?

Le cheval est donc le sujet central de cette thèse : alors que son environnement écologique est relativement simple, il est suggéré que sa cognition avancée n’est pas apparue en réponse à l’environnement mais à la vie sociale. Dans un environnement non domestique, les chevaux vivent dans des groupes sociaux stables, larges et dynamiques, et partagent l’espace et les ressources. Les chevaux forment des liens sociaux forts avec leurs congénères, capacité fortement liée avec leur adaptabilité: en gros, il sera d’autant plus capable de créer des liens forts avec ses congénères qu’il sera adapté à son milieu. Si ce n’est pas le cas, il est stressé par son milieu de vie et utilisera donc du temps et son énergie à s’adapter, et en aura donc moins pour s’occuper de ses congénères.11146564_1415408655443976_4173759955513353429_n

De nombreuses compétences sont nécessaires pour ce fonctionnement social: la reconnaissance individuelle, la conscience du « rang social », la capacité de se « réconcilier » si nécessaire après un conflit. Les chevaux disposent de ces compétences, considérées comme signes de cognition sociale élevée. Toutefois, les mécanismes à travers lesquels les chevaux acquièrent et assimilent les informations sociales sont peu connues. D’où le sujet de cette thèse : les expressions faciales chez le cheval sont une source riche d’informations sociales, et comportent également de grandes similarités avec celles de l’humain ou du chimpanzé.

Cette recherche soutient l’idée qu’un répertoire avancé et sophistiqué en communication a été sélectionné chez les espèces sociales, en réponses aux challenges auxquels ils font face dans un environnement social.

Pistes de réflexion

De nombreuses pistes de recherches en ressortent :

  • Après les compétences sociales, pourquoi ne pas étudier la part du social et du non-social dans la cognition avancée ?

La réflexion plus globale sur le système cognitif du cheval, et notamment la découverte de concepts théoriques présents (représentation mentale), permet de se questionner sur ses implications en terme de bien-être. Nous savons désormais que les chevaux expriment leur états internes à travers des expressions faciales, et que l’outil EquiFACTS est pertinent pour leur étude future. Des études sont en cours sur les expressions faciales de la douleur, sur la perception des états émotionnels et  sur l’impact de la couverture du visage sur les relations sociales (masque anti-mouche).

Peut-être que, comme N. Humphrey l’évoquait, il faudrait qu’un « un biologique [ait] comme tâche d’expliquer pourquoi les chevaux ne peuvent pas apprendre les mathématiques ? ».

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