Essayons de définir la haute école
Cet article est la partie 5 de 6 du dossier L'équitation académique

Beaucoup en parlent, certains la pratiquent ou rêvent de le faire. Mais qu’est-ce que c’est ? Pour rester purement théorique c’est l’ensemble des airs et sauts qui demandent le plus de techniques et de temps. Nous allons voir lesquels avec leurs définitions.

Les Pré-requis

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Il faut que les 3 allures soient maîtrisées

La haute école est réservée aux chevaux adultes, c’est à dire ayant fini leur croissance. 7 ans est un âge raisonnable pour commencer, et de toute façon les acquis de dressage qui doivent être maîtrisés auparavant sont tellement nombreux qu’il nous faut bien tout ce temps pour y arriver…

Il faut que les 3 allures soient maîtrisées dans toutes les cadences et équilibres différents, que le travail de 2 pistes soit devenu routinier et facile, le tout dans le calme et la fluidité. Si vous voulez aller trop vite en sautant des étapes cruciales, l’apprentissage sera erroné et le geste faussé. Une fois face au mur, il vous sera très difficile de désapprendre le mauvais geste pour ré-apprendre le bon.

Essayez dans la mesure du possible de vous faire encadrer par un cavalier qui maîtrise bien l’exercice que vous souhaitez débuter. Le cheval aura abordé le rassemblé avec les exercices d’épaule en dedans, le reculé, les transitions descendantes ou encore les départs au galop par prise d’équilibre. Les airs suivants vont demander au cheval de se rassembler bien plus fort.

Les airs de haute école

L’appuyé

Il se pratique aux trois allures et est un déplacement latéral. La complexité réside dans le fait que le cheval regarde dans la direction où il se déplace (contrairement aux cessions à la jambe et épaules en dedans). Il se pratique traditionnellement sur une diagonale en profitant du coin pour imprimer l’incurvation à son cheval. L’exercice préparatoire est celui des « hanches en dedans », il va solliciter les mêmes ressources de biomécanique et d’équilibre que l’appuyé. Il est plus facile à obtenir si le cavalier s’aide du pare-botte. La transition sera plus simple si le cheval porte son garrot dans le sens du déplacement.

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Entrée dans la pirouette au galop

 

La pirouette

La pirouette est un exercice qui est décliné dans plusieurs variantes selon qu’on la pratique en dressage, en équitation de travail ibérique ou western. Celle de haute école est une rotation de l’avant main autour des postérieurs. L’axe de rotation est défini par le postérieur interne qui doit quand-même se lever et se poser à mesure de l’allure du galop. Le cheval est incurvé dans le sens où il tourne et imprime donc un galop à droite pour une pirouette à droite et inversement.

L’exercice pour y arriver est la demi-volte au galop. Le cavalier va incurver et rassembler son galop progressivement jusqu’à la demi-pirouette. Attention à ne pas trop fermer l’angle trop vite sous peine d’éteindre l’allure et de faire débrayer le cheval. Si vous êtes trop gourmand et que vous dépassez les capacités musculaires de votre cheval, il va stresser ou se faire mal. Patience ! Cet exercice prend des mois à réaliser, voir des années à maîtriser.

Les changements de pied

Le changement de pied isolé n’est pas un air de haute école pour lui même, il est enseigné au jeune cheval. Ce qui est complexe ce sont les lignes de changements de pied au temps, aux deux temps et trois temps. Avec toutes les compositions possibles. Un changement de pied correctement exécuté vient de l’arrière-main, comme l’on décrit le mécanisme du galop en partant du postérieur, le changement de pied est un départ au galop dans le galop.

  • Exemple de gauche à droite : foulée n1 – postérieur droit- diagonal droit- antérieur gauche
  • phase de projection
  • foulée n2- postérieur gauche- diagonal gauche- antérieur droit

En grand-prix il est demandé deux lignes, l’une avec des changements au temps et la seconde aux deux temps. Le cheval doit être dans la rectitude et ne pas se décaler à chaque changement de pied. Si le cheval est trop relevé, il est fréquent que le cheval fasse pieds joints avec ses postérieurs pour supporter la charge.

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Ebauche de piaffer

 

Le piaffer / piaffet

C’est un air de parade, il vise à reproduire la majesté de l’étalon qui séduit une jument.

Cet air est l’aboutissement du rassemblé. Il y a plusieurs écoles pour l’enseigner au cheval:

  • Soit à pied avec une aide qui va solliciter, avec une badine, les membres postérieurs jusqu’à obtenir un levé. Puis l’on répète la chose sur l’autre pied et ainsi de suite jusqu’à obtenir un piétinement. L’aide à la tête du cheval garde un placé haut du cheval pour « asseoir » le cheval. Il faut conserver un mouvement en avant pour ne pas éteindre l’impulsion. Les progrès sont très lents, si l’on veut aller trop vite le cheval va stresser et va se raidir. Au lieu d’avoir un cheval « assis », les postérieurs en dessous de la masse, la ligne du dessus tendue, l’encolure tonique mais souple et la bouche légère, vous obtiendrez un cheval qui fuit la badine en sautant d’un pied sur l’autre, avec raideur et frénésie. La queue sera raide et quasiment à l’horizontale, le dos creux et le garrot fiché entre les deux omoplates. Sans compter un appui difficile sur la main.
  • La seconde méthode se fait en selle, par diagonalisation du pas. Pour ce faire il faut une parfaite maîtrise de la biomécanique de votre cheval. Savoir parfaitement à quel instant se pose quel membre. Partant d’un pas rassemblé ou d’un pas compté, le cavalier avec sa jambe, va provoquer l’engagement du postérieur. Exemple : au levé de l’antérieur droit, jambe gauche pour provoquer une anticipation du levé du postérieur gauche et ainsi diagonaliser le pas.
  • Une autre méthode consiste à enchainer reculés et départs au trot en insistant sur l’élévation de la verticalité dans la transition montante.
  • Philippe Karl propose pour sa part un apprentissage monté et travaille dans l’épaule en dedans (EED) en enchaînant les transitions reculer- EED au trot (il y a donc utilisation de l’abaissement de la hanche interne et facilitation du mouvement et de la remontée de la cage thoracique dans la ceinture scapulaire).

Les premiers temps l’élévation du piaffer est timide, mais l’accent est mis sur le calme et la synchronicité de l’air. Une fois maîtrisé, un touche d’assiette en plus provoque l’élévation manquante.

 

passage-emelineLe passage

C’est également un air de parade observé chez les chevaux en liberté et recherché en selle.

Le passage est un trot où l’impulsion est principalement verticale. Il faut que votre cheval soit en forme pour l’exécuter car cela demande beaucoup de ressources musculaires. Pour l’obtenir, soit vous maîtrisez le piaffer et il vous suffit d’ouvrir votre assiette et vos doigts pour induire le mouvement en avant. Soit vous allez rassembler le trot et induire une montée du mouvement avec vos mains et assiette.

Le pas d’école

Allure qui est réservée aux « grands dieux » du cadre noir de Saumur. C’est une sorte de pas compté avec une légère élévation des antérieurs.

Les sauts d’école

Courbette

Courbette

 

La courbette / levade / pesade / cabré

Ces 4 sauts sont ressemblants sur le fait que les pieds antérieurs du cheval quittent le sol, mais leurs détails changent leurs dénominations.

  • La courbette (très pratiquée par le cadre noir de Saumur) est une élévation maximum du cheval sur ses postérieurs.
  • La levade est une position intermédiaire.
  • La pesade, où l’on cherche un poitrail le plus près du sol.
  • Le cabré lui est la figure libre du cheval au champ.

La croupade / ruade

Le cheval décolle ses postérieurs du sol, la croupade est le nom du saut d’école et la ruade sa version libre.

Autres sauts

  • La balotade: C‘est un saut de préparation à la cabriole, le cheval se lève sur ses postérieurs et bondit en l’air.
  • Le terre à terre: C’est un autre air de préparation à la cabriole, il va se déplacer entre l’allure du galop et la levade.
  • La cabriole : C’est le saut le plus difficile à obtenir et le plus dur physiquement. Le cheval bondit en l’air et au point le plus au de son saut décoche une ruade. Les postérieurs doivent être dans l’alignement du corps du cheval.

Autres airs de haute école qui ne sont pas dans la tradition d’équitation française

  • pas-espagnol

    Pas espagnol

    Le pas espagnol / trot espagnol : Ces sont des allures issues de la guerre pour heurter ses assaillants. Le cheval marque une très forte élévation des antérieurs que ce soit au pas ou au trot. Pour l’obtenir, il faut enseigner à pied au cheval la jambette avec une badine. Une fois la jambette au sol maîtrisée, on fait la demande en selle. Puis un aide au sol sollicite le cheval pendant que vous y mettez vos codes. Certains avancent la jambe, d’autres montent la main, libre à vous. La transition vers le pas espagnol se fera d’une jambette à l’autre.
  • Le campo, le salut à la reine le galop arrière etc. sont à la limite de la haute école et du spectacle. Ils seront peut-être traités dans un autre sujet.

 

trot-espagnol

Trot espagnol

La haute école demande beaucoup de temps, de réflexion, de remises en question. Tous n’ont pas la possibilité de la maîtriser. Je parle des chevaux mais aussi des cavaliers. C’est souvent la recherche d’une vie de cavalier.

Alors pourquoi la pratiquer ? Par amour du beau geste, par envie de réaliser de belles choses avec son compagnon autre que la balade ou le saut, par amour de la discipline ? Peu importe seul le plaisir compte et surtout le plaisir de votre compagnon. S’il ne comprend pas ou s’il n’est pas bien préparé les résultats ne seront pas au rendez-vous. Avec parfois une mise en danger réciproque, je pense à la courbette ou à la croupade.

Doit-on alors ne faire que du dressage pour y arriver ? Je dirai que non justement, il faut que cela reste intéressant pour lui. Pour ma part je pratique le TREC et la haute école (oui çà prête à sourire parfois) mais le piaffer à pour effet de gainer mon cheval et le galop rassemblé m’aide dans pas mal de difficultés du PTV. Une autre amie elle, à un étalon performer en CSO qui est valorisé par une cavalière pro, elle l’a mis au piaffer pour l’amusement.

Pour mon expérience personnelle, la haute école est aussi accessible sans mors, sans éperons et sans fers. C’est juste plus complexe de se faire comprendre sans moyens de pressions / contrôles mais cela se fait très bien.

Amusez-vous bien !

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