De l’inutilité des enrênements

« Le cavalier qui force la flexion de la nuque par des enrênements et verrouille la bouche avec des muserolles spéciales n’agit guère mieux qu’un éducateur qui bâillonne un enfant et le ligote sur sa chaise pour le réduire au silence et lui imposer le calme. » P. Karl

La plupart d’entre nous se souviennent d’avoir utilisé un assortiment plus ou moins contraignant d’enrênements lors de notre apprentissage équestre : jeune cheval, ou cheval de club devant être musclé au plus vite. Pourtant, beaucoup d’entre nous décident d’arrêter de fonctionner dans la contrainte et laissent, enfin, leur cheval parler. Pourquoi un tel changement ?

Une question physique

L’équitation demande d’acquérir une réelle légèreté dans les aides, et ce peu importe la discipline. Cette légèreté, tant pour la main que pour les autres aides, demande des années d’apprentissage et d’assimilation de notre part. Il est dès 

Le cheval ne nous a pas attendu pour apprendre les "airs"

Le cheval ne nous a pas attendu pour apprendre les “airs”

lors bien difficile d’estimer avoir la main assez légère pour diriger un enrênement à distance en longe (avec en plus un effet de levier/releveur si l’on utilise un mors) ou pour le diriger en plus des rênes. Cela entraine donc que la plupart des enrênements dirigés sont mal utilisés, tout simplement car le cavalier ne dispose pas de la légèreté suffisante pour déjà utiliser ses mains de manière juste (avec vraiment deux grammes dans chaque main).

Un enrênement fixe pourrait être une solution viable pour les amateurs et les débutants. Sauf que leur immobilité est justement gênante : le main est supposée suivre le mouvement, et non pas rester figée. En cas de trop de contact, le cheval se fige, se bloque et creuse son dos ; le cheval ne peut plus utiliser le balancier de son encolure. Cela entraîne à terme lombalgie, problèmes de dos, contractions de l’encolure, « rétivité » et problèmes de comportement (lorsque le cheval ose montrer son mal-être). Cela est également incohérent avec la recherche de décontraction du cheval, qui sera forgé dans son attitude : le cheval ne tend pas son dos, il modifie la position de sa tête pour éviter l’inconfort créé par l’enrênement. Apparences, apparences…

 Une étude récente de l’université de Rennes a d’ailleurs démontré que les propriétaires eux-mêmes n’arrivent pas à reconnaître le mal de dos de leur cheval.  Après examen effectué par des vétérinaires au sein d’un pannel de centre équestre, il a été démontré qu’entre 37% et 85% de la cavalerie de ces centres équestres avaient mal au dos. Alors, revenons à la question centrale:

Pourquoi enrêner ?

De longues marches au pas en extérieur est un excellent moyen de muscler... Pour le cheval et le cavalier!

De longues marches au pas en extérieur est un excellent moyen de muscler… Pour le cheval et le cavalier!

Pour lui faire obtenir une certaine attitude que nous ne pouvons obtenir, avec pourtant les larges possibilités que nous procurent nos aides.

Nous pouvons donc estimer que dans la grande majorité des cas:

  • L’enrênement est donc utilisé pour faire adopter au cheval une attitude artificielle par rapport au cavalier qui le travaille,
  • Une fois l’enrênement enlevé, si le cavalier n’a pas changé sa manière de monter, les problèmes refont surface.

Il est évident que monter un cheval entièrement démusclé entraîne donc de reposer uniquement sur le dos, et donc sur la structure osseuse, sans avoir la surface musculaire porteuse. Cela est dangereux et nocif pour le cheval. Enrêner, c’est masquer le symptôme sans chercher la cause.

De nombreux exercices existent, sans utiliser d’enrênements, afin de muscler son cheval :

  • Balade en terrain varié
  • Travail au pas, en recherchant la réelle décontraction
  • Travail à pied en demandant (et non imposant) à son cheval de venir se tendre volontairement

Dans ces différents cas, il n’est nullement question de créer une montagne de muscles dans le mois suivant: mais de faire travailler en douceur et le respect. Nous gardons ainsi en considération l’importance d’avoir un cheval en bonne santé sur le long-terme.

N’oublions jamais que le cheval est une propulsion arrière : se concentrer uniquement sur l’avant, ou pire la tête, nous fait oublier l’arrière-main et le dos. N’oublions pas que nous cherchons à muscler l’ensemble du cheval, et pas uniquement de faire du “bodybuilding”. La mise en main arrivera uniquement à la fin du travail défini par l’échelle de progression.

“L’enrênement ne rend pas, ne récompense pas, il passe outre les contractions, les déséquilibres, la fatigue musculaire et la détresse respiratoire… Il lui manque la sensibilité, l’intelligence et l’écoute!” Véronique de Saint-Vaulry

Une question d’éthique

Suis-je prête à prendre mon temps?

Suis-je prête à prendre mon temps?

Se tourner vers une équitation « alternative » demande de laisser au placard les outils de contrainte que nous utilisons dans notre tradition (bride, éperons, cravaches, enrênements), tout simplement car nous partons du principe que nous devons réellement écouter notre cheval. Celui-ci sait par essence se placer, se porter et effectuer n’importe quel exercice que nous pourrions lui donner. Le cheval est juste et a toujours raison. Pouvons-nous en dire autant? Quels sont nos impératifs avec notre cheval ? Pourquoi ne pouvons-nous pas prendre le temps avant de monter ?

Gagner quelques mois en musclant en enrênant un cheval ne nous rendra pas meilleur cavalier, et encore moins « à l’écoute » pour notre cheval. Certains cherchent à sortir le plus vite possible en concours et veulent prendre un 2 ans pour le « faire à leur main » (le terme est déjà intéressant…). Est-il réellement respectueux de notre part de faire un débourrage expéditif pour partir en modèles et allures le plus vite possible ? A quel prix ?

Rechercher la solution d’un problème dans un matériel, qu’il s’agisse du mors, d’un enrênement n’est jamais une solution viable, tout simplement car cela nous éloigne de la source du problème : le cavalier.

  • Prendre son temps et se contenter de peu

    Prendre son temps et se contenter de peu

    Le cheval est-il heureux dans son travail ?

  • Ce dernier est-il adapté ?
  • Le cheval est-il prêt mentalement, émotionnellement et physiquement à effectuer ce que nous lui demandons ?
  • Suis-je suffisamment au fait de comment mon cheval évolue, de ce que je peux mettre en place pour son confort et le respect de son dos ?
  • Suis-je prêt à arrêter de monter, peut-être pendant des mois, le temps que mon cheval se muscle en douceur ?

Nous sommes responsables des êtres vivants avec qui nous interagissons. Nous sommes responsables du confort de nos chevaux, qui ont la bonté de pardonner les (nombreuses) erreurs que nous effectuons. Et pourtant:

  • Avons-nous cette bienveillance envers lui? 
  • Sommes-nous prêts à accepter qu’il dise “non”, qu’il ne soit pas d’accord pour aller travailler le jour où nous l’avons décidé?

Nous pouvons tous à notre niveau, que nous soyons cavalier de club ou propriétaire, prendre des décisions en faveur du cheval. Il est parfois difficile de sortir des sentiers battus, et de refuser de mettre nos outils traditionnels lors d’un cours. Mais finalement, cela ne vaut-il pas le coup?

Soyons humbles et reconnaissants envers nos chevaux. Arrêtons de courir après les résultats. Laissons notre compagnon respirer, parler et vivre

 

Autres lectures

http://osteopathechevauxchiens.com/dos-cheval-dorsalgie-lombalgie-osteo-osteopathie-haute-savoie-74-rhone-alpes-geneve/

http://equipeda.info/locomotion.html

 https://demivolteface.wordpress.com/2014/12/18/se-passer-denrenements/

17 commentaires

  1. Calvayrac Auteur décembre 31, 2014 (9:16 )

    Article très judicieux et très bien tourné.
    Pendant des années (entre 1992 et 1997 en tant que propriétaire et avant en tant que cavalière de club), j’ai utilisé les enrênements (gogue, chambond, rênes allemandes,…) pour “muscler” le dos de ma jument de concours. Les clubs vous enseignent tout cela, vous convainquent de leur utilité.
    Il n’est effectivement pas facile de sortir des sentiers battus lorsqu’on est ado ou jeune adulte et qu’en plus, à l’époque, il n’y avait pas vraiment possibilité d’en sortir.
    Ma jument a connu toutes les “souffrances”, avant que je l’achète, dans le milieu des courses, puis lorsque je l’ai eu et que nous avons fait nos concours (CSO et complet). Mais à 31 ans bientôt, elle aura eu quasiment la moitié de sa vie en retraite…. Je me plais à penser que malgré tout elle n’a pas été trop maltraitée avec moi !
    Aujourd’hui, j’ai un poulain de bientôt 6 ans que j’éduque le plus naturellement possible sans aucun enrênement. Je suis adulte et suis sortie des sentiers battus depuis quelques années, mais quand je vois ces gamines en club, montées sur des chevaux figés en gogue, avec des éperons et sans aucune fixité et indépendance des aides, je me dis que l’on n’a pas beaucoup progressé en 20 ans…. Surtout qu’à l’époque, à niveau de diplôme équivalent, on montait quand même beaucoup mieux !!!
    L’équitation est une constante remise en question (de l’humain bien entendu !) et un sport d’humilité. Et hormis quelques enseignants de l’équitation de légèreté, plus personne n’en est vraiment capable.

    Répondre à Calvayrac
    • Aglaé Jambart Auteur janvier 5, 2015 (9:09 )

      Je suis également passée par ce moment: cavalière de concours, et formatée par une équitation pour laquelle seul importait le court terme et le “paraître”.
      Il est en effet très important de regarder vers l’avenir, humblement, en recherchant la vérité avec notre cheval 🙂

      Répondre à Aglaé Jambart
  2. cirilla70 Auteur décembre 31, 2014 (1:01 )

    Merci pour cet article très intéressant. M’étant moi-même éloignée de l’équitation “de manège” comme je l’appelle, je trouve mon plaisir dans le développement d’une relation avec ma jument, à son rythme et qui est de manière surprenant parfois plus rapide qu’en utilisant les méthodes traditionnelles (enrênements et Cie).

    Le terme, le “faire à sa main” ne me choque pas, je l’utilise moi aussi car j’estime que d’éduquer un cheval, le faire progresser et progresser en tant que cavalier est une manière de le “faire à sa main”. Surtout si le cheval n’a qu’un cavalier. Donc oui, ma jument est faite à ma main car on développe notre propre langage. 🙂

    Répondre à cirilla70
    • Aglaé Jambart Auteur janvier 5, 2015 (9:07 )

      Merci beaucoup!
      J’ai utilisé ce terme un peu à l’extrême, afin de montrer qu’il y a des dérives à ce niveau. Par contre proposer une éducation cohérente avec un référent régulier est positif pour notre compagnon 🙂

      Répondre à Aglaé Jambart
    • Cyrielle Auteur octobre 28, 2016 (5:41 )

      Je suis tout à fait d’accord avec vous. Mon compagnon et moi même avons pris nos poulain pour cette raison. Nous ne voulions pas de chevaux déjà cassé par un proprio ou un club. Nous n’aimons pas considérer nos chevaux comme de simples bêtes de somme ou comme des tickets de loto potentiellement gagnant. Nous avons nos compagnons de vie. Nous voulons travailler en douceur et rejetons tout ce qui peut être contraignant ou douloureux pour eux.
      Bien sur nous faisons parfois des erreurs que ce soit dans le travail ou dans notre jugement mais toujours nous nous remettons en question pour leur offrir le meilleur. De toute façon ils ne nous renvoient que ce qu’on leur donne.

      Répondre à Cyrielle
      • Alter Equus Auteur novembre 2, 2016 (8:45 )

        Nous sommes bien d’accord avec vous… Et espérons que le monde du cheval finira par avancer dans ce sens!

      • Audoona Auteur novembre 2, 2016 (10:48 )

        J’apprécie vraiment de connaitre les différents opinions des gens et le travail avec leur cheval.. contrairement à vous, j’ai une jument dont je ne sais rien avant ses 6ans 1/2 … très certainement sortie de son pré à 4 ans, débourrée à la va vite, barrée à l’obstacle car en tant que cheval de commerce, ça doit sauter haut et de façon impressionnante.. Surement accidenté lors d’un transport… et probablement shootée lors de l’essai … beaucoup de personnes m’ont conseiller de la vendre car très difficile à travailler.. pour revenir au sujet, les enrênnements m’ont aidé à retravailler dans le bon sens de façon ponctuelle. Au final, après avoir repris cette jument pas très bien commencée et après de longs mois de travail (et pas mal de galères, incompréhension) , remise en confiance dans les transports et sur les barres.. j’ai une super jument qui classe a tous les concours CCE et qui me donne beaucoup 🙂

  3. Nath.shiatsu06 Auteur janvier 28, 2015 (8:37 )

    l’usage des enrenements n’est qu’une derive de la société de consommation où tout doit arriver tout de suite. Le denoncer c’est tres bien… mais
    Le cheval n’est pas une “traction” arriere mais une “propulsion” arriere, la nuance est de taille car tout le secret du dressage est dans l’engagement des posterieurs 😉
    et tous les mors n’ont pas d’effet levier, ils ont un effet releveur ce qui là aussi est une nuance importante à mon avis
    Et pour finir supprimer les enrenements ou ne les utliser qu’à bon escient ça n’a rien d’alternatif! il suffit de (re)lire les classiques Oliveira en 1e: c’est de l’equitation de tradition française, du dressage classique où on prend le temps du cheval
    et n’oublions pas que la plupart des enrenements ont ete mis au point pour regler des problemes pontuels, et sont tres utiles pour ça! L’important etant de savoir s’en servir, ce qui signifie savoir à quoi ça sert exactement, et comment ça se regle et ne jamais oublier que leur usage est ponctuel.
    Et bien sur en prenant le temps, celui du cheval pour son education, son apprentissage l’usage des enernements s’avere inutile

    Répondre à Nath.shiatsu06
    • Aglaé Jambart Auteur janvier 30, 2015 (9:51 )

      Bonjour 🙂
      En effet, le refus d’utiliser les enrenements ne date pas d’hier, mais leur quasi-généralisation actuelle nous oblige à considérer ce refus comme alternatif..
      Je modifie les fautes de précisions dont vous parlez.
      Sur l’aspect “éthique” d’utiliser des enrenements pour des problèmes précis: à mon avis, il faut traiter la source plutôt que cacher le problème. Ponctuel ou non, l’enrenement contraint au lieu de nous obliger à réfléchir pourquoi cela ne fonctionne pas. Est-ce que le cheval ne veut/peut/comprend pas? Nous avons déjà à travailler sur nous avant d’oser imposer un outil coercitif.

      Répondre à Aglaé Jambart
  4. Audoona Auteur avril 26, 2016 (1:05 )

    Bonjour !

    Je suis d’accord avec le fond de cet article. Le but est d’acquerir une monte juste pour faire fonctionner le cheval correctement.

    Mais comme tous les cavaliers, aucun cheval ne se ressemble et fonctionne de la même façon. Si je devais écouter ma jument (qui adore le cross et est une bonne dresseuse) elle préfèrerait largement faire des balades au pas tous les jours :), madame est une grosse feignante et j’utilise des éperons pour travailler. A mon avis, cette aide ponctuelle et bien utilisée est plus efficace et juste que de donner des coups de talons ou stick toutes les 5 minutes. Mon autre jument est quant à elle, très compliquée, chaude et possède une force de cinglé. L’utilisation d’un gogue commandé m’a permis de mieux la contrôler et de lui faire prendre son temps. C’est une jument qui a naturellement tendance (meme avec un mors doux et une bonne main) à se “plaquer” . Le gogue commandé seul m’a permis de reproduire la décontraction du pas , au trot. De même, en longe, les élastiques permettent de travailler dans le “bon sens” un cheval qui va avoir tendance à faire un peu l’andouille ou se déconcentrer , ou encore se creuser lorsqu’il passe les barres au sol.
    Le poney de ma soeur a du mal à se tendre et régulièrement, elle saute en rênes allemandes car bien utilisées elle sont garantes du bon fonctionnement du poney au saut. Il saute sans efforts jusqu’à 1m15, il faut donc le mobiliser d’une façon ou d’une autre sur plus petit, sinon il se creuse. En compétition, elle utilise un mors un peu plus dur.

    je pourrais citer d’autres exemples…

    Les enrênements ne sont pas à banir à partir du moment où ils sont utilisés à bon escient et de façon ponctuelle. Je peux travailler autant que je veux sur moi, j’offre un lingot d’or à celui qui arrivera a galoper à cru en cordelette sur ma jument (la nerveuse) en sortie de boxe. Certains chevaux sont plus réceptifs que d’autres. En ce qui concerne la plus gentille de mes juments, je peux la sortir en licol et a cru (et je l’ai bcp fait).
    Je suis pour travailler avec le moins d’artifices possibles mais parfois, la qualité des chevaux et leur caractère font que les enrênements peuvent être un bon outil d’apprentissage 🙂

    Répondre à Audoona
    • Nikita Auteur avril 28, 2016 (11:13 )

      Un cheval chaud est un cheval qui a de l’énergie et besoin de se dépenser, si il a besoin de faire l’andouille pendant les 10 ou 20 premières minutes de travail pourquoi lui en empêcher puisque part la suite il sera sans doute plus décontracté et réceptif (échauffer à la longe est pour cette raison très utile). L’enrêner pour cette raison, c’est comme donner des calmants à un enfant ayant trop d’énergie, ça facilitera la vie des parents mais fera du mal à l’enfant !
      Il peut aussi avoir pleins d’autres facteurs qui cause son surplus d’énergie (une alimentation trop riche, un manque de compréhension dans le travail, des douleurs, des carences, anxiété, peur…), alors avant de se dire que la seule solution pour tranquilliser un cheval est de le contraindre, il faut d’abord pouvoir barrer toutes les hypothèses d’une très longues listes…
      De plus un cheval trop dur en bouche ne peut exister sur une main légère, et détendre en utilisant la force d’un gogue commandé est contradictoire…

      Répondre à Nikita
  5. Audoona Auteur mai 3, 2016 (8:23 )

    oui enfin, rectifions quelques informations : la jument “chaude “est nourrie avec un mélange de grain pour la compétition (normal, elle fait du concours complet et ça serait bête d’avoir un cheval qui n’a pas les bon apports énergétiques ….), elle va au paddock plusieurs heures par jour ou marcheur et souvent, avant de la monter, je la longe ou part 20 à 30 min en balade. L’été, elle dors au paddock et y va dès que possible… Donc je pense que tu as une vision de la méchante cavalière qui fout son cheval en mode “arbeit” a peine monté dessus et sorti du boxe….O_O FAUX …

    je la laisse aller à son allure en début de détente (donc autant te dire que je suis en drapeau dessus et que ce n’est pas très agréable…). Je n’utilise pas les enrennements à outrance, mais a un moment, il faut bien calmer le jeu et rentrer dans le travail. et oui, les enrênements, ça aide quand on a un cheval qui a tendance à se déconcentrer ou a n’en faire qu’à sa tête.. ca le contraint pour lui faire comprendre que la bonne attitude est plus confortable que la défense….
    De même, elle a une très bonne bouche et j’ai une main plutôt légère mais si j’ai le malheur de prendre du contact sur les 2 rênes en même temps (parce qu’elle a décidé de partir à fond au trot par ex) elle passe en mode Ourasi/tracto pelle!
    Mon but est bien sur de ne plus en utiliser du tout et d’ailleurs je dois en mettre une fois par mois si ce n’est moins …je n’ai pas la prétention de m’appeler pénélope Leprevost et je monte encadrée par des professionnels depuis toujours (cavaliers d’internationnaux)…donc oui j’avoue, j’ai encore beaucoup à apprendre et mon (pauvre) cheval doit accepter certaines de mes erreurs et pour ne pas le mettre dans l’inconfort, j’utilise des aides…

    comme je l’ai dis dans mon précédent commentaire, tous les chevaux sont différents et nécessitent des approches et des méthodes différentes. Il faut juste savoir doser et surtout écouter son compagnon. parce qu’on les aime beaucoup ces grosses bêtes quand même.

    Donc c’est très facile de critiquer quand on ne connait pas les tenants et aboutissants. Surtout, si l’on monte des chevaux faciles, qui ne sont pas nerveux, qui ont bon caractère…

    Répondre à Audoona
    • Nikita Auteur mai 27, 2016 (10:08 )

      Je t’ai effectivement mise un peu trop vite dans la catégorie “je ne travail qu’à cheval dés la sortie du box” et je m’en excuse.
      Cela dit, tu dis que tu nourri ton cheval avec une alimentation fort énergisante pour la raison qu’elle fait de la compétition (sachant que les compétitions de complet son sur une petite période de l’année) et à côté de ça tu dis qu’il faut savoir écouter son compagnon… Pourquoi ne pas lui donner une alimentation plus simple qui répond à ses besoins nutritifs sans lui donner un apport excessif en énergie et adapter en fonction des périodes ou simplement en fonction de ses besoins ? Il est très facile de voir quand un cheval est fatigué et à besoin de manger un peu plus pour compenser ou de diminuer parce que justement il est trop nerveux au travail. Je ne comprends pas vraiment pourquoi tu lui donne cette alimentation alors que justement tu peine à l’avoir concentré et calme.
      Si je dis tout ça c’est par ce que je pense réellement qu’utiliser des enrênements monter n’est pas nécessaire et j’en fais l’expérience, j’ai monter beaucoup de chevaux différents faciles comme difficiles et calme comme nerveux et j’ai débourré seule l’une de mes juments, je ne me proclame pas pro et j’ai encore beaucoup à apprendre mais j’ai déjà acquis une certaine expérience.
      Mes chevaux sont nourris avec une nourriture sans énergie (et sans céréale), 1 à 2 litres par jour et il travail 6 jours/semaine, certains ont parfois besoins de quelques compléments mais ils ont rarement besoins de plus.
      Je n’ai jamais monté avec autre chose qu’un mors double brisure et une paire de rênes, et je pense que quelque soit le cheval et avec la bonne méthode, on a pas besoin de plus.

      Répondre à Nikita
      • Audoona Auteur juin 3, 2016 (8:52 )

        Bonjour Nikita,
        je n’avais pas vu ton commentaire !
        alors pour la nourriture énergisante, nos chevaux sont suivis par un vétérinaire et la nourriture est adaptée : nous ne donnons pas les mêmes floconnés (car il s’agit d’un mélange de grains et non de granulés spéciaux pour la compétition) que les chevaux de mon coach qui eux, tournent sur des compétitions internationales.

        depuis mon premier message, nous avons beaucoup progressé avec la jument et une relation de confiance s’est établie. comme elle est coquine, mes soeurs ont tenté de monter dessus… la première a tenu 5 min avant de descendre, la seconde 30 min qui n’ont pas été des plus agréables. (alors qu’elles tournent sur des épreuves amateur 1 avec leurs chevaux) Preuve que la jument n’est pas évidente et que maintenant, on commence à se connaitre.

        Avec tout le travail engagé par mon coach, sa cavalière et moi qui ai un moins bon niveau (car amateur) , la jument devient de plus en plus agréable a monter et nous avons comencé les premiers CCE avec succès (elle a un comportement exemplaire). cela car je suis a l’écoute (et oui !) et commence à savoir d’emblée, les séances ou je peux mettre mes petits éperons (pour travailler le dressage en profondeur) , et celles ou je ne peux pas. Je prends en compte ses habitudes, ce qui l’inquiète et la rassure afin d’éviter au max les situations de stress.

        Concernant les mors je suis obligée de changer de temps en temps afin qu’elle ne s’habitue pas , je varie entre un mors fin a double brisure et un mors avec un jouet.
        pour le saut, j’effectue un travail de fond avec des barres au sols et cavalettis afin de “dédramatiser la barre” et cela marche très bien. En revanche, en parcours, il me faut un mors plus dur pour garder le contrôle (gros mors verdun torsadé: pas très méchant mais qui fait son effet)… si tu arrive a faire un tour propre avec un mors dont le cheval (pété de force) se fout complètement….chapeau l’artiste !
        je préfère de loin des mors adaptés, qui permettent de beaux tours soignés et propres, avec un cheval dans le confort qu’un tour sur lequel le cavalier est complètement débordé !!

        je ne pense pas être une tortionnaire pour autant…
        J’ai vu tellement de chevaux, dont les cavaliers refusaient de mettre des enrênements pour et dire : “je ne veux pas que mon cheval soit contraint”, ” je préfère que ça soit naturel”…..

        en attendant leur pauvre cheval, partait au galop avec le dos a la retourne et n’était pas tendu sur les rênes.
        et le trot assit….n’en parlons pas !
        j’en ai vu aussi, des hackamors mals réglés, des museroles croisées mises n’importe comment… du matériel non adapté….
        des personnes qui veulent monter “au naturel” se taper les fesses a cru… ou des mors trop lâches pour ne pas “blesser la bouche du cheval” , taper dans les dents….

        encore une fois, il n’y a pas une seule approche de l’équitation.
        Les chevaux de clubs sont un peu les “sacrifiés” qui permettent aux cavaliers d’apprendre …parce qu’à 6 ans, je ne montais pas comme Maxime Livio, à 12 ans non plus… on peut critiquer les cavaliers mais on a tous eu besoin d’apprendre un jour et donc on a tous mal monté.
        et heureusement que les gogues ou élastiques (bien réglés) sont là pour préserver un peu le dos ce ces loulous

        les moniteurs, pour la plupart sont attachés au bien être des chevaux de club et les apprécient à leur juste valeur. Ils font ce qu’ils peuvent pour inculquer au plus vite les bons gestes et fonctionnement à leurs cavaliers. Et cela prend du temps quand on a un seul cours par semaine.

        Pour les enrênements , il est donc nécessaire d’avoir les bons gestes, pour bien les régler et les utiliser en fonction du besoin des chevaux.
        Il faut tout simplement apprendre à les utiliser ! 😉

  6. Amya Auteur mai 30, 2016 (1:16 )

    Je pense que le problème n’est pas les enrênements mais bien leur utilisation. (Sauf le pessoa qui devrait être interdit)
    Un autre gros problème est les cours donnés, les niveaux des profs.
    Et le dernier problème, pour ma part est l’incompétence niveau dressage de beaucoup de cavalier.
    En ce qui concerne cravache, éperon soit disant à bannir. Je trouve étonnant que tout les éthologues ont des cravaches, tout comme sur la photo de ce mur.
    L’éducation imité de l’enfant Roi, je ne suis pas convaincue non plus.
    Sur certain cheval cela ira très bien, sur d’autre pas du tout.
    Si on enlève le mors, enlevons la selle, de plus les pressions des licols éthologique ne sont pas la pour les masser mais bien leur rappeler la contrainte.
    Le licol, le mors, les enrênements tout va dépendre de la façon de les utiliser.
    De plus, je ne suis pas convaincue par la longe enrêner ou pas. Pour ma part, pas plus de 20 min de longe dans un but de chercher des descentes d’encolure et max une fois par semaine.
    Je pense qu’il faut commencer à apprendre à monter, la plus part de personnes ne savent pas comment arriver à un résultat autrement.
    Du coup, je trouve que les mouvements sans mors, éthologique, sont trop extrémiste par rapport au problème.
    De plus la base de ses méthodes étaient utilisées sur des chevaux sauvages, nos chevaux ne sont pas élevé en troupeau.
    Et il faut surtout agir sur les cavaliers professionnels qui montrent l’exemple.
    ET je me réjouis de voir un cavalier sans mors dans une épreuve internationale d’obstacle ou de dressage.
    Il n’empêche que je suis contre les museroles serrés, et les chevaux fermés aux enrênements.
    De plus, il faut vraiment faire attention que souvent les défenses proviennent de douleurs.

    Répondre à Amya
  7. mercier samantha Auteur juillet 8, 2016 (5:03 )

    Félicitation pour cet article tout à fait juste. Je dis souvent également que si un cavalier est suffisament habile et subtile pour bien utiliser un enrênnement, c’est qu’alors il peut justement s’en passer.
    Cet article complète à merveille un autre que j’ai écris dans mon propre blog et que je vous partage ici: http://chevauchezvosemotions.com/index.php/2016/06/10/lerreurdebeaucoupdecavaliers/
    Encore bravo pour la pertinence des propos et l’à propos des citations

    Répondre à mercier samantha
  8. Claire JOUVIN Auteur janvier 9, 2018 (12:23 )

    Très bel article si vrai et si juste. Nous devrions tous finir par prendre conscience des besoins de nos compagnons à sabots et devenir plus vrai, plus naturel et surtout plus doux de ces animaux si respectueux. Merci.

    Répondre à Claire JOUVIN

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