Mécanismes sous-jacents à la cognition sociale et à la communication
Cet article est la partie 7 de 8 du dossier Expression faciale et communication sociale

Cet article est la continuité du dossier “Expression faciale et communication sociale”, nous vous rappelons qu’il est la traduction de la dissertation de Jennifer Wathan pour l’obtention d’un diplôme de philosophie (Juin 2015, University of Sussex). 

Représentation perception-action pour le transfert d’information12592616_10153334516061326_261097453205599005_n

La littérature confirme de plus en plus l’hypothèse d’un lien entre la perception et l’exécution d’une même action : observer une action peut renforcer notre représentation motrice (responsable de l’effectuer), et effectuer l’action peut améliorer sa discrimination visuelle. Chez l’Homme, il a également été prouvé que le cortex sensorimoteur est stimulé lors de l’écoute : s’il est supprimé, notre capacité à saisir la portée émotionnelle de la voix et réduite (mais pas le contenu du message).

Ces résultats suggèrent donc que la perception/action partagent les mêmes représentations neuronales et/ou que les représentations sont activées simultanément dans les deux contextes. De plus, il a été identifié de nombreuses fois qu’il existait des représentations partagées pour des perceptions/actions à la fois visuelles et auditives, et sensorielless et motrices.

  • Quel est l’intérêt ? Les représentations audiomotrices ou sensorimotrices indiquent une intégration multimodale d’un niveau plus complexe que la carte visiomotrice connue jusqu’à ce jour (nécessitant des informations plus « simples » en terme de représentation). En résumé, réagir suite à la vue d’un danger est plus « simple » en terme de processus cognitif.

Représentations neuronales

Certaines de ces représentations perception/action ont été documentées au niveau du neurone « individuel » :

  • Par exemple, chez l’humain et le macaque, des neurones ont été identifiés comme s’activant respectivement lorsque les participants voyaient une action réalisée, et l’effectuaient eux-mêmes. Il y aurait ainsi des neurones spécialisés (uniquement sur un stimuli auditif, ou visuel, ou encore sur la performance de l’action) et des neurones multimodaux impliqués dans une intégration complexe audio-visuelle-motrice.
  • La présence de « neurones miroirs » audio-moteur a également été observée.

L’existence de ces deux types de neurones au sein même des représentations perception/action confirme la présence de propriétés activatrices (ou non) contribuant à des procédés neurologiques distincts (les neurones miroirs permettraient de discriminer des actions avec des buts différents – par exemple aller dans la cuisine pour manger, ou pour ranger de la nourriture). Ces neurones miroirs pourraient donc permettre d’interpréter les intentions des autres.

Comportements miroirs

Ces représentations perception/action peuvent être étendues au-delà du cerveau, notamment au niveau de notre corps (réactions musculaires) : chez l’Homme, entendre certains mots entraîne chez nous une stimulation de la langue ou des muscles impliqués dans la prononciation. Cet aspect miroir est souvent considéré comme corrélé avec le degré d’empathie/déficit social. Pour aller plus loin, il est d’ailleurs suggéré que reconnaître et comprendre les émotions d’autrui requiert de cartographier les états observés au sein de leurs mêmes représentations des expériences émotionnelles correspondantes.

  • En résumé : le cerveau comprendrait et assimilerait la joie chez autrui en les assimilant à nos propres expériences de joieChevaux joueursDans les études évoquées précédemment, nous avons pu observer que les chevaux ont également des comportements miroirs (et multimodaux) face à des expressions faciales ou des vocalisations à portée émotionnelle. Les différentes études évoquées font pencher la balance vers la présence de neurones miroirs multimodaux chez le cheval, car capables d’adapter leur expression faciale émotionnelle à celle perçue (et donc d’avoir un possible transfert émotionnel, pour le moment non démontré formellement). Il est toutefois possible que ces réactions soient liées à un apprentissage.

Conclusion

Pour comprendre la communication et la cognition, il est primordial de déterminer les mécanismes fondamentaux sous-jacents au comportement, et la correspondance entre les codes sensoriels et moteurs utilisés pour représenter ces données. Les représentations perception-action sont l’un des mécanismes observés (ici en lien avec le transfert de l’information émotionnelle) pour déboucher ensuite sur la compréhension de processus plus complexes tels que l’empathie.

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