On a testé pour vous : La formation de Bodywork avec A. Battles

En mai, j’ai eu l’occasion de me rendre en Suisse pour suivre la formation en Bodywork donnée par April Battles, qui est à l’origine de cette méthode donc on entend beaucoup parler ces derniers mois. Voici mon compte rendu.

April Battles

April a commencé en entraînant les chevaux. En observant ceux catégorisés comme « chevaux à problèmes », elle a remarqué que tous présentaient un inconfort physique ou une douleur. En travaillant sur ces problèmes, on retrouvait un cheval volontaire et désireux d’apprendre. La moindre petite gêne physique ou émotionnelle pouvait avoir de grosses répercutions, à cause des compensations qui s’installaient. Elle s’est mise à chercher l’origine de chaque problème pour traiter les déséquilibres à la source. Sa ligne de conduite était de trouver pourquoi des chevaux potentiellement au meilleur de leur forme, étaient soudainement mis à l’écart pour des blessures inexplicables. En endurance, April et son cheval ont parcourus environ 3220km sur deux ans! Selon elle, cette performance aux soins holistiques qu’elle a mis en place au fils des ans, faisant de son cheval un athlète accompli et performant.

April s’est formée, entre autre, en acupression, reiki, kinésiologie équine, craniosacral, nutrition, bioénergie, massage, ostéopathie myofasciale, etc.

La méthode

Le Bodywork est aussi appelé « Yoga équin » ou « Equine Unwinding » (Unwinding voulant dire « déroulement »). Cette méthode consiste, comme la plupart des méthodes alternatives, à aider le cheval à se soigner en utilisant l’impulsion naturellement présente de la capacité de guérison. Durant la séance, on prend en compte l’ensemble du cheval, son physique, sa posture, ses émotions, le fonctionnement des organes et du métabolisme, mais aussi son environnement, sa nourriture, son parage, etc.

De nos jours, nous avons tendance à banaliser les signes de souffrance, sans doute parce qu’ils font partie de notre quotidien. Mais un cheval avec de mauvais aplombs que le pareur ne sait plus gérer, ne donne pas les pieds, qui se traverse, refuse de sauter, est lourd sur l’avant main est un cheval qui ne fonctionne pas correctement. Ces problèmes ne se résoudront pas avec le travail. Insister en travaillant sur une dysmétrie ne fera que l’accentuer, tant que l’origine n’est pas identifiée.

Il y a une réelle différence entre conformation (la longueur des os, la couleur de la robe, la forme des yeux, ..) et la posture (sous lui, brassicourt, panard, cagneux, ouvert, fermé). Les problèmes posturaux découlent de compensations, pas de conformation. Les compensations peuvent être solutionnées. « How cool is that ? » comme dirait l’autre.

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Ce genre de posture n’a rien à voir avec la conformation du cheval.

En fait, un muscle contracté, ne peut fonctionner correctement. Ce type de problème est la manifestation d’une zone qui compense, qui sur-travaille, qui protège une zone lésée. En décontractant cette musculature, en oxygénant la zone se qui favorisa l’irrigation et en travaillant sur la zone à l’origine du problème,  les muscles se détendront, le squelette pourra se réaligner correctement.

On va donc travailler sur plusieurs plans : Pour commencer, les mémoires émotionnelles pouvant déséquilibrer certains organes.  Ensuite, un travail sur les postures de défense, ou mémoire musculaire. Et pour finir, le travail sur les muscles contractés et l’aspect purement « physique » du cheval. Aucune manipulation n’est forcée, même si certaines peuvent être impressionnantes.

Il faut aussi savoir que le propriétaire a une grande responsabilité. Après les séances, une série d’exercices et d’étirements seront recommandés pour entretenir le travail jusqu’à ce que l’équilibre soit retrouvé. Ceci peut prendre longtemps, en fonction de l’état du cheval à la base.

Jour 1 :

Le stress monte, il a plu des cordes, le sol est détrempé et je pourrais toucher les nuages rien qu’en levant le bras. Mais je suis accueillie par un « Hiiiiiiii, I’m April, do you want a hug ? 😀 I’m a huggy person ! » très américain qui met direct à l’aise. Ouf.

April se présente, nous explique son parcours et sa méthode, qu’on est toutes censées bien connaître grâce aux prérequis (les DVD d’April, un livre sur l’acupression, un autre sur le décodage des émotions et une vidéo sur la médecine énergétique). Nous devons choisir deux chevaux, je me dirige vers Joey, hongre de 30 ans ayant l’air aussi aimable qu’une porte de prison et Sara, la Franche Montagne ultra sensible.

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Sara se cache pour bailler tranquillement, après une manipulation.

Sur les chevaux, on doit avant tout demander la permission de travailler avec eux. On vérifie ensuite leur taux de vitalité, leur polarité, l’équilibrage énergétique, puis on passe au décodage et à la libération des émotions bloquées puis aux postures de défenses. Vaste programme.

On effleure le méridien Vessie à la recherche de tensions (yes, ça je maîtrise!). Il faut rester attentif à toute sensation de froid, de chaud, de vide, de plein, texture du poil, les changements de respirations, la position des oreilles, notre intuition. Tout changement de ressentit est une précieuse information.

Puis vérifie l’alignement de l’atlas et de l’axis, et des cervicales suivantes.

On s’arrête la pour aujourd’hui, tout le monde a pris son temps pour maîtriser les gestes de façon sécuritaire. 

Jour 2 :

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Le fameux “roach back”, les muscles sont tellement sollicités que toute la zone se contracte, y compris les lombaires.

Même rituel que le 1er jour, on utilise les huiles sur nous, on discute ensemble des manipulations à venir et c’est parti. Découverte du 3ème cheval, une autre jument Franche Montagne, Senseï. Décidément, je vais en reprendre une dans mon coffre. Heureusement, les manipulations de la veille sont plus fluides.

L’après midi, on aborde le travail sur les flancs, libération de la scapula, du garrot, des genoux puis de la fameuse première côte….. et toutes les suivantes! Croyez moi, 18 paires de côtes qui souffrent, c’est pas du gâteau.

Gros coup de blues pour moi dans la soirée, la journée a été difficile physiquement et mentalement et j’en viens à me dire qu’il est terriblement difficile d’offrir une vie saine et sans douleur à nos chevaux domestiqués…

Jour 3 :

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L’accueil de Joey.

Tout le monde commence la journée selon le même schéma, travail avec les huiles, décodage des émotions et hop, on va chercher le cheval. On aborde le travail sur l’arrière main, depuis l’arrière des côtes jusqu’à la queue, relâcher le psoas, trigger point, relâcher le pelvis et remonter l’ischion. Senseï prend son mal en patience pendant que je bidouille sur les côtes et ses hanches. April m’explique que je ne pourrais pas aller plus loin avec elle aujourd’hui, elle a mal aux pieds, vu sa ferrure j’ai fait ce que je pouvais pour la soulager “en haut”. C’est terriblement frustrant mais c’est comme ça.

Je retrouve ensuite le petit Joey qui me réserve un accueil chaleureux, pourtant les manipulations sont pas agréables pour lui !

Pour finir la journée, examen. J’avoue avoir eu une once de découragement en découvrant Ramira, la sublime jument de ……trait, qui s’est finalement montré parfaite pour ce contrôle final. Vérification d’April, tout est libéré et décontracté, j’ai réussi !

Conclusion

Enchantée, ravie, heureuse, satisfaite… Je redécouvre l’excitation et l’émerveillement que l’on ressent en découvrant une nouvelle méthode qui nous donne les clés pour avancer. Si ce stage a soulevé pas mal de doutes et de nouveaux questionnements, j’ai su y trouver toutes les réponses que j’attendais pour le moment. J’ai passé 3 jours en excellente compagnie avec April, Isabelle, Damaris et les autres participantes.

Je ne regrette aucunement les heures interminables sur la route et les litres d’eau pris sur la tête (et moi qui pensais que la météo belge était pluvieuse…), car j’ai trouvé une méthode qui me convient ainsi que, visiblement, aux chevaux.

Le plus gros défi restera l’éducation des propriétaires surprotecteurs et désinformés depuis des années qui, pensant bien faire, continuent à masquer les symptômes, compensations et autres déséquilibres. Ce n’est pas parce qu’un comportement ou une posture fait partie du quotidien que c’est la norme. Apprenez à observer, renseignez-vous, discutez, posez les questions mais quittez les débats insipides de certains réseaux sociaux et élargissez vos horizons !

Infos pratiques :

4 commentaires

  1. anais Auteur juin 24, 2015 (3:04 )

    Ca me parle tellement !!! Le symptome n’est pas le probleme de fond ! Vivement le 16 juillet !!!

    Hate de voir ce que ma jument cache sous ses airs agressif et ses oreilles en arriere

    Répondre à anais
  2. HorseSens Laura Auteur juin 24, 2015 (4:27 )

    Chouette programme !
    Mais comment peut on aborder autant de choses en 3 jours si ce n’est en les survolant ?
    Cette formation est juste une initiation ?
    Comment se passe la formation “professionnelle” , sur combien de temps ?

    Mille merci pour vos articles, tous aussi intéressants les uns que les autres !

    Répondre à HorseSens Laura
  3. Laurence DARCY Auteur avril 4, 2016 (8:29 )

    Bonjour, j’aimerais tellement me former. Comment procéder ? A qui s’adresser ?
    Merci beaucoup

    Répondre à Laurence DARCY

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