Résultats de l’étude 2 : pour aller plus loin
Cet article est la partie 7 de 7 du dossier Pansage et sécurité

Source : Léa Lansade, 43ème Journée de la Recherche Équine, Jeudi 16 mars 2017. Sensibiliser les cavaliers à la pratique du pansage : état des lieux et proposition d’une pratique adaptée

Une analyse plus fine des expressions faciales a été faite et a montré que les pouliches du lot Optimisé présentaient des yeux mi-clos, une lèvre supérieure avancée et des oreilles en arrière, c’est-à-dire orientées vers le manipulateur et non plaquées. Les pouliches du lot Standard, elles, présentaient des yeux très ouverts (on pouvait apercevoir le blanc de l’œil), des lèvres crispées ainsi qu’une nuque haute. De ce fait, il faut bien veiller à différencier des oreilles en arrière, orientées vers le manipulateur et des oreilles plaquées en arrière, signe d’inconfort bien connu chez le cheval. Les oreilles en arrière retrouvées chez les pouliches du lot Optimisé ne sont pas plaquées sur la nuque, mais seulement orientées en arrière. Celles-ci restent orientées en arrière longtemps, le temps des caresses faites par le manipulateur. Celles que l’on retrouve chez les pouliches du lot Standard sont plaquées en arrière proche ou sur la nuque et souvent de façon brève, lors du passage de la brosse sur une zone du corps du cheval.

Expressions faciales retrouvées chez les pouliches de chaque lot

En ce qui concerne la mise de l’équipement, il a été plus aisé de mettre tapis, selle et filet aux pouliches du lot Optimisé qu’à celles du lot Standard.

  • A J1, 100% des pouliches Optimisées ont eu les 3 harnachements même s’ils n’étaient pas forcément réglé (selle non sanglée, sous-gorge ou muserolle non attachées),
  • A J3, 100% des pouliches Optimisées acceptaient le matériel réglé.
  • A J1, pour le lot Standard, seules 86% des pouliches ont eu le tapis, 57% ont eu la selle et 86% ont eu le filet.
  • Il a fallu attendre le J3 pour qu’elles acceptent toutes le tapis, J6 pour qu’elles acceptent toutes la selle et ce n’est qu’à partir de J9 que la dernière pouliche a accepté le filet. Cependant, cette pouliche était difficile à manipuler au niveau de la tête, notamment des oreilles. Cela peut expliquer cette difficulté à mettre le filet, d’où la correction en vert sans cette pouliche sur le graphique du filet.

 

En ce qui concerne les taux de cortisol sanguins, les pouliches du lot S avaient un taux d’ocytocine sanguin plus important que les pouliches du lot O à J12. Cette augmentation correspondrait à l’effet de la prise de sang. En effet, de nombreuses études montrent une élévation du taux d’ocytocine lors de situations de stress pour atténuer le stress occasionné . Cette élévation d’ocytocine permet de réguler les taux de cortisol et d’adrénaline dans ces situations.

Cette libération d’ocytocine serait faite lors de la manipulation et la prise de sang par les techniciens à J1 pour les pouliches des deux lots et à J12 pour les pouliches du lot Standard. En revanche, les pouliches du lot Optimisé ayant tissé un lien avec l’Homme, elles seraient moins stressées par la prise de sang. Ainsi, leur taux d’ocytocine n’augmente pas lors de la prise de sang, que ce soit avant ou après le pansage.

 

 

Lors de la première phase de manipulation, c’est-à-dire la phase de pansage (à J12), la variation de la fréquence cardiaque du manipulateur était significativement liée au lot brossé. Cependant, les pouliches n’avaient pas une variabilité de la fréquence cardiaque significative en fonction de leur lot. En revanche, la variabilité de la fréquence cardiaque du manipulateur est donc liée à celle du cheval manipulé.

Lors de la seconde phase de manipulation, c’est-à-dire la phase de pose de l’équipement (à J24), la variation de la fréquence cardiaque du manipulateur n’était pas significativement liée au lot brossé mais montrait toutefois une tendance. Comme pour la première phase, les pouliches n’avaient pas une variation de la fréquence cardiaque significative en fonction de leur lot. En revanche, un test de corrélation de Spearman a ici aussi mis en évidence le fait que la variabilité de la fréquence cardiaque du manipulateur et celle de la jument brossée étaient liées.

La variabilité de la fréquence cardiaque du manipulateur est donc liée à celle du cheval manipulé.

Le fait que la variation des fréquences cardiaques des pouliches ne soit pas significativement différente en fonction de leur lot peut venir du fait que les manipulations effectuées n’étaient pas assez stressantes pour influer sur le rythme cardiaque.

 

Coulon et al., 2012. Human-lamb bonding: Oxytocin, cortisol and behavioural responses of lambs to human contacts and social separation

Pazzola et al. 2015. Responses of hematological parameters, beta-endorphin, cortisol, reactive oxygen metabolites, and biological antioxidant potential in horses participating in a traditional tournament

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