Pourquoi le sans mors ?

Par Emeline Feltrin

Mon évolution avec l’équitation sans mors ne s’est pas faite brutalement, mais plutôt jour après jour en travaillant mon cheval. J’ai essayé d’éduquer Tattoo, depuis ses 3 ans, dans le respect en écoutant ce qu’il me proposait. J’ai commencé avec lui sans mors pour ne pas introduire un outil supplémentaire lors du débourrage et pour que ce soit plus simple pour lui … Puis on a avancé … Maintenant nous sortons beaucoup en balades, on s’amuse à varier les activités (saut, tandem, longues rênes, rando…) et je me retrouve à faire du « dressage » (à notre niveau), sans mors et même sans ennasure. Je ne rencontre pour le moment aucune difficulté particulière liée à l’outil « sans mors ».

Mors: avec ou sans?

Travail-sans-mors-Emeline-Tattoo

Travail sans mors

L’équitation sans mors en est à ses débuts, passe quelque fois juste pour une mode et est « méprisée » par beaucoup, pour, je pense, différentes raisons : la peur de l’inconnu, la peur de la perte du contrôle du cheval, la peur du changement d’outil qui « fonctionne bien », des essais pas très concluants réalisés juste en changeant l’outil sans aucune introduction de celui-ci avant…

Quand on est sans mors soit on est pris pour un rigolo, souvent inconscient et dangereux, soit pour un « nul » qui n’a pas compris grand-chose à l’équitation et en particulier au dressage… C’est dommage… Chacun a son idéal, ses objectifs, ses envies, ses convictions… et ce n’est pas parce que l’on utilise un outil différent que l’on a forcément rien compris…

Pour moi, le mors n’apporte pas le contrôle du cheval dans son entièreté… La véritable « sécurité » à cheval vient avant tout de l’éducation que l’on donne à son cheval et de la façon dont on lui a appris à réfléchir… L’outil c’est un choix… Certains vont choisir le pelham, d’autres le licol, d’autres le side, d’autres une cordelette… Et faut quand même reconnaitre que bien souvent les plus dangereux sont ceux qui ont l’outil le plus dur.

Beaucoup parlent également du manque de précision des outils sans mors et particulièrement en dressage… Hors souvent ces mêmes personnes n’ont jamais monté un cheval éduqué entièrement sans mors (ou ré-éduqué)… et c’est pourtant nécessaire pour se faire un avis « juste ».

Ressentis lors du travail sans mors

Travail-sans-mors-Emeline

Emeline et Tattoo

Avant de travailler Tattoo, je pensais un peu comme eux et d’ailleurs j’étais persuadée d’y venir avec Tattoo (le mors était même déjà acheté ! il est toujours dans la sellerie… neuf !). Je ne pensais pas que la communication puisse être aussi “fine” et “intéressante” avec que sans mors puis j’aimais (et j’aime) le contact que l’on peut avoir avec un mors… Mais voir sa petite bouche sourire me donne bien plus de plaisir !

La précision, elle ne vient pas de l’outil mais du cavalier… ça parait logique mais c’est bien plus simple de remettre la faute sur l’outil que sur nous-même … C’est un long travail que d’essayer d’être aussi précis que peut le « ressentir » un cheval, je ne suis même pas sûre qu’on arrive à l’être un jour mais c’est un travail plaisant et c’est je pense ici que commence l’équitation « de légèreté » et le dressage! L’outil importe donc peu…L’exécution d’un mouvement ou d’un autre ne vient pas de ce qu’il y a sur la tête du cheval (ou pas) mais de la préparation de l’exercice (et bien sûr du cheval), de la précision de notre demande etc… Lorsque l’on fait du dressage, que l’on demande au cheval de mobiliser son corps de manière mécaniquement intelligente, légère et énergique, on ne le fait pas en parlant seulement à la bouche de son cheval… On parle aux hanches, aux épaules, au garrot…C’est grâce à un travail précis d’apprentissage du cheval à mobiliser en équilibre ces différents segments, que l’on peut demander au cheval de travailler de manière juste sous la selle. On oublie souvent la locomotion du cheval en s’acharnant sur une cession de nuque ou une cession de mâchoire… alors que ça devrait être uniquement la conséquence d’une demande de mobilisation du corps du cheval…

Je suis aujourd’hui persuadée qu’il est possible d’effectuer toutes figures de dressage sans utiliser le mors…

En résumé

Emeline-sans-mors-plageLe travail est le même, ça me prend peut être un peu plus de temps sans mors (mais j’ai le temps puis on dit bien que qui veut gagner du temps doit savoir en perdre!) … Et surtout ça me permet aussi d’apprendre et de bien comprendre ce que je fais… En fait, c’est pour moi également une façon de pouvoir avancer toute seule en restant dans le “juste”, en m’appliquant à bien utiliser mon corps plutôt que de chercher à travailler sur l’attitude du devant. Il est bien plus facile de tricher avec un mors que sans…

2 commentaires

  1. Zmu38 Auteur août 18, 2015 (7:46 )

    “Pour moi, le mors n’apporte pas le contrôle du cheval dans son entièreté… La véritable « sécurité » à cheval vient avant tout de l’éducation que l’on donne à son cheval et de la façon dont on lui a appris à réfléchir… L’outil c’est un choix…”

    mais cette phrase !! j’ai envie de l’encadrer !! à tous ces gens qui ont des chevaux intenables et qui montent dans l’escalade des mors, quand est ce que vous avez appris au cheval ce que vous attendez réellement de lui ? n’importe quelle branche longue ou gourmette ne changeront rien ! si chacun tire de son côté ce sera toujours le cheval qui tirera plus fort !

    Répondre à Zmu38
  2. Doc Auteur août 19, 2015 (7:31 )

    BRAVO!!!! C’est tellement vrai…. Moi je monte mon doudou sans mors. Bien c’est beaucoup plus long en tant que ré-éducation mais je vois le sourire qu’a Doc…, et quoi de mieux quand on est handicapée (AVC) de voir que notre cheval est mieux. On a tellement d’avoir une main légère…. Merci

    Répondre à Doc

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