Etude 1 : pratiques de pansage et sécurité
Cet article est la partie 3 de 7 du dossier Pansage et sécurité

Afin de comprendre l’origine des accidents qui se passent à pied (voir article sur la sécurité) et essayer de proposer des solutions d’amélioration, une étude ayant pour but de caractériser les pratiques autour du cheval a été lancée et financée par le Conseil Scientifique de l’IFCE au début de l’année 2016, dirigée par Léa Lansade[11]. Lors de cette étude, 69 couples cheval/cavalier différents ont été filmés lors du pansage et du harnachement (mise en place de la selle et du filet) dans de nombreux centres équestres et écuries. Quatre groupes ont été constitués : les professionnels (moniteurs, grooms, cavaliers professionnels), les amateurs confirmés propriétaires de leur cheval, les amateurs confirmés n’ayant pas leur propre cheval, et les débutants de club.

Les vidéos ont ensuite été analysées selon les méthodes de l’éthologie, et les résultats qui en ont été tirés paraissent inquiétants.

D’une part, cent pour cent des cavaliers ont présenté au moins une fois un comportement considéré comme dangereux (s’accroupir, ou passer derrière le cheval sans l’avoir dans son champ de vision par exemple). La moyenne de ce type de comportement de la part du cavalier est de 6,7 fois par pansage, mais cela peut aller jusqu’à 19 fois par pansage. L’étude a également montré que seuls 7% des cavaliers portaient un casque pour préparer leur cheval (3 enfants en centre équestre et 2 professionnels), et aucun n’avait de gilet de protection. Pourtant, il y a autant de risque d’avoir un traumatisme crânien à cheval qu’à pied.

D’autre part, cinquante pour cent des chevaux ont présenté des comportements d’inconfort ou de défense (sursauts, menaces, tentatives de morsures ou de coups de pieds…) et seulement un cheval sur les 69 observés a montré des signes d’émotions positives remarquées et recherchées par le cavalier.

Par ailleurs, des incidents évités de justesse ont également été observés. Ceux-ci sont définis par le fait que les sabots ou les dents soient passés à moins de 10 cm du corps du cavalier. Sur les 69 chevaux filmés, 9 incidents de ce type ont été observés, la plupart du temps sans prise de conscience de la part du cavalier.

Ces comportements ont été observés dans chaque groupe de cavalier. Cependant, les études montrent que le taux d’accidents ne dépend pas du niveau du cavalier, ce n’est donc pas très étonnant.

Cette étude a ainsi permis de souligner que le pansage est plus souvent une source d’inconfort pour les chevaux qu’un moment agréable, qu’il n’y a pas d’amélioration de la pratique avec l’expérience, probablement parce qu’on y accorde peu d’importance et qu’il n’y a pas ou presque de sensibilisation à la pratique, ce qui peut permettre en partie d’expliquer le taux d’accidents à pied. Il y a donc un besoin non négligeable de sensibiliser et former les cavaliers à l’impact du pansage sur leur cheval.

Cependant, l’étude n’a pris en compte que le pansage. En effet, de nombreux paramètres entrent en jeu quant à l’inconfort du cheval. Celui-ci peut être causé par un matériel et/ou un travail inadapté, une douleur etc.

http://www.ifce.fr/haras-nationaux/etude-sur-les-pratiques-autour-du-cheval-du-cote-du-cavalier/

Parcours du dossier<< Rappel sur les expressions faciales et comportements du chevalEtude 2 : quel type de pansage privilégier ? >>

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