Sevrage : témoignages de propriétaires
Cet article est la partie 3 de 8 du dossier Le sevrage

Nous vous proposons, dans le cadre du dossier sur le sevrage, des témoignages du quotidien de nos membres propriétaires.

Charlotte, cavalière et propriétaire d’une jeune jument

Charming2Je n’ai pas eu l’occasion de choisir le sevrage de ma pouliche. En effet, lorsque l’on élève des chevaux à destination de l’abattoir, choisir le bien être émotionnel de l’animal n’est pas la préoccupation principale des éleveurs. Son sevrage a été brutal, lors de la monte de la pouliche dans le transport que j’avais réservé pour son sauvetage. Je pense que c’est le pire traumatisme qu’un poulain peut avoir surtout quand celui-ci n’a eu presque aucun contact avec l’homme.

Cependant, je suis certaine que cela a permis de nous rapprocher d’elle étant donné que nous étions ses seuls repères. J’ai choisi de lui faire rejoindre un groupe de poulains de son âge dans les premiers temps, tous sevrés, afin de ne pas la lâcher dans la cours des grands directement. Je pense que ça l’a vraiment aidé dans son sevrage. Aujourd’hui elle est très équilibrée et n’a aucune séquelle de ce traumatisme. Elle est très attachée à nous, voir fusionnelle. Elle comprend très vite ce qu’on lui demande et tout se passe dans le respect. De plus, je n’ai jamais eu de vrais soucis d’irrespect avec elle, elle n’a jamais dépassé les limites et a toujours sur rester à sa place.

 

Loélia Beaufils, propriétaire d’un shetland de 3 ans

badouMon poulain a eu un sevrage à l’âge de 6 mois, prématuré car sa mère n’avait plus de lait pour lui. Il n’y a eu aucune période d’habituation pour lui, il a simplement été monté dans le camion (pour la première fois de sa vie !) avec sa mère, emmené aux Haras pour le puçage, et sorti du camion sans sa maman. Ils sont repartis avec la mère. Le sevrage a donc été brutal et compliqué à gérer pour lui, il s’est échappé trois fois pour suivre la route du camion, des heures après qu’il soit parti. Nous avons dû le mettre en box, où il s’est enlevé le poil des genoux car il passait son temps debout appuyé sur les barreaux du box.

J’ai noté que ce sevrage a eu et a encore des impacts sur son comportement : dépendance affective très forte, ainsi qu’un attachement excessif à moi. J’ai même l’impression qu’il me confond avec sa mère, comme s’il y avait eu un transfert émotionnel. Il n’a également pas pu développer des relations “normales” aux autres chevaux, au sens où il n’a pas reçu les règles de socialisation (ce qui était également dû au manque de présence d’un troupeau composé d’individus variés) Il a également de gros blocages émotionnels en partie liés à ce sevrage brutal.

Il est resté lié à sa mère par quelque chose qui nous dépasse, nous les humains, car le jour de sa mort, il a été très mal, alors qu’il ne l’a plus jamais revue depuis le sevrage. Pour conclure, je dirais que nous ignorons le degré d’attachement d’un poulain à sa mère, qui est peut être encore plus fort que celui qui nous lie à notre propre mère, et que le sevrage brutal et mal préparé cause des dégâts irréversibles chez le cheval, je le constate chaque jour. Qui sommes-nous pour interférer aussi brutalement dans les relations d’espèces desquelles nous ne soupçonnons même pas le quart de l’intensité des relations ..

Serena, propriétaire d’un poney de sport de 5 ans

Cela fait 2 ans que Destin est avec moi, et 2 ans que je n’ai jamais pu le travailler correctement à cause d’un lourd handicap du à un mauvais sevrage. Un soir, nous le retrouvons dans son champs allongé de tout son long sous la pluie, avec la tête dans une flaque d’eau. Nous le soignons, le mettons en box pour la nuit et attendons le lendemain pour en savoir plus. Lendemain : Destin était en pleine forme, comme si rien ne s’était passé. D’après le veto, peut-être un malaise cardiaque. De temps en temps Destin recommençait ses petits malaises. 

Après de nombreux examens, nous avons conclu que le cheval était psychologiquement atteint puisque rien n’apparaissait dans les résultats. Puis un jour, une veto en formation en ostéopathie, après lui avoir remis tout en place (car quand Destin faisait des malaises il se déplaçait tout: garrot, genoux etc…), le regarda dans le champs. Elle observa quelque chose d’étrange, Destin qui a 5 ans essaie de téter mon autre hongre (celui a qui il reste tout le temps collé).

La réponse était la: ce cheval croit qu’il est un poulain. Et ces malaises sont des malaises de “poulain”. Dans la nature quand ils stressent trop font des malaises pour “faire le mort”. J’ai longuement réfléchi quel avait été mon erreur pour qu’il est si peu évolué mentalement. Puis je suis retourné dans son passé, et je me suis souvenu qu’il avait grandi dans un paddock avec un poulain du même âge que lui au lieu de grandir avec sa mère. Il n’a pas pu recevoir l’éducation qu’il lui fallait. À ce moment là, j’ai pu comprendre l’importance d’une mère pour un poulain. Car aujourd’hui mon cheval est réduit à en souffrir pendant longtemps.

Murielle Gay

1391680_632952023414204_1363414424_nPour moi ce sera sevrage “naturel”: pas seulement pour ma pouliche mais aussi pour sa mère: à 1 an elle n’est pas sevrée. Elles vivent en troupeau. Je laisse faire car la mère est en très bonne santé, au travail et je peux m’absenter jusqu’à 5h (avec la maman)  sans traumatisme pour aucune des deux. J’ai pour autant mis quelques règles:

  • lorsque l’on sort en dextre (jusqu’à 1h30 / 2h) elle n’a pas le droit, et n’essaie même plus depuis longtemps, de téter
  • lorsque nous rentrons de balade avec sa mère, que ce soit avec ou sans elle, elle n’a pas le droit de téter tant que sa mère n’est pas dessellée, pansée et sortie du paddock

Cela a été un apprentissage par séries:

  1. on laisse entrer maman
  2. on laisse boire maman
  3. on laisse maman aller dans le paddock
  4. on attend que maman ressorte et parfois se roule

Axelle Pinelli

AxelleDans mon cas je n’ai pas eu l’occasion de choisir le sevrage de Dunkan, il m’a rejoint a l’âge de 6 mois et demi (mais dans un sens sa maman avait pompé dans ses réserves donc pour elle c’était peu être pas plus mal), par contre nous avons tout de suite complémenté Dunkan en minéraux spéciaux pour la croissance. Le dernier poulain que nous avons récupéré a été sevré a 10 ou 11mois.

Dans les 2 cas il s’agit de poulains né chez des particuliers: Dunkan a été sevré à 6 mois et quelques MAIS il a vécu dans un petit troupeau de jument avec sa demi soeur, et a été sevré du jour au lendemain avec sa demi-soeur. A l’inverse le second poulain a été sevré naturellement par la mère a 10/11 mois mais n’a été élevé qu’avec sa mère et il n’y a pas photo, Dunkan est bien plus a l’aise avec les autre chevaux que l’autre.

C’est d’ailleurs Dunkan qui a intégré le petit dernier au troupeau (après qu’on les ai laissés quelques jours ensemble tous les deux) car le poulain avais peur des autre chevaux. Maintenant il a 2 ans et Dunkan 3 nous n’avons plus de soucis du tout. Des chevaux très sociables et respectueux (même s’il sont entiers), ils vivent en groupe, sortent en dextre ou a pied etc… Bref de super petit chevaux.

Parcours du dossier<< Sevrage, partie 1 : cheval sauvage vs cheval domestiqueSevrage, témoignages d’éleveurs >>

2 commentaires

  1. coise Auteur janvier 25, 2017 (8:30 )

    bonsoir

    le sevrage de mon poulain n’est pas facile du tout c’est une jument qui a peur de tout meme pour la sortir de sont boxe elle accepte de sortir avec un autre cheval j ‘aimerai avoir des conseil

    Répondre à coise
    • Alter Equus Auteur janvier 27, 2017 (9:42 )

      Bonjour, nous ne pouvons malheureusement pas nous substituer à un professionnel du comportement pour ce genre de problématique. Toutefois, quelques pistes: vit-elle en extérieur? Dans un groupe varié, notamment en âge? A-t-elle accès à de la nourriture en continue?

      Répondre à Alter Equus

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