Les yeux et oreilles sont des indicateurs visuels de l’attention chez le cheval domestique
Cet article est la partie 4 de 8 du dossier Expression faciale et communication sociale

Cette étude est la continuité du dossier “Expression faciales et communication sociale”. Je rappelle qu’il s’agit de la traduction de l’étude de Amy Victoria Smith, Leanne Proops, Kate Grounds, Jennifer Wathan (dont nous avons traduit la dissertation de doctorat) et Karen McComb (Février 2016, University of Sussex).

Les yeux et oreilles comme indicateurs

Les yeux et oreilles comme indicateurs

La sensibilité à l’attention d’autrui est crucial afin d’éviter la prédation et de favoriser le fonctionnement social. Jusqu’à présent, le lien entre l’attention à autrui et la position de la tête/la direction des yeux a été étudié sans prendre en considération les oreilles :

  • L’orientation de la tête est par exemple primordiale pour localiser de la nourriture ;
  • Toutefois, les oreilles/les yeux semblent davantage utilisés au niveau de la communication sociale.

Qu’en est-il réellement ? La présente étude se concentrera donc sur les yeux et les oreilles. La modulation sera donc l’impact du masque (ressemblant à un masque anti-mouche) selon la zone qu’il couvre. Si réaction il y a, les zones de la têtes importantes pour la transmission de l’information seront enregistrées.

Protocole

  • Panel : 72 chevaux (52 hongres et 20 juments, de 3 à 30 ans), originaires de 7 écuries différentes. Les chevaux avaient tous déjà vécu avec un congénère portant un masque anti-mouche, et certains en avaient déjà porté eux-mêmes.
  • Les chevaux ont participé à un essai au préalable : un seau contenant 20g d’aliment concentré était placé devant un bloc de plastique (image B). Les chevaux effectuaient un 8 de chiffre (image A) avant d’être libérés au niveau du R pour pouvoir ’accéder à la récompense alimentaire. L’expérimentateur était aveugle (pour éviter l’effet Clever Hans).
    Schéma et photo du sipositif expérimental

    A) Schéma du dispositif expérimental, B) et C) Image du système

Expérimentation : même protocole avec toutefois la photographie du stimuli au dessus du bloc de plastique et au milieu de deux seaux (1,5m de distance), contenant chacun une récompense alimentaire. Une barre en bois était positionnée à une extrémité de ce bloc pour encourager les chevaux à faire un choix. Chaque cheval s’est vu présenté un stimuli et ses différentes versions, avec 7 jours minimum d’écart. Les stimuli étaient présentés à 60cm du nez du cheval pendant 10s, puis à 10cm pendant 10 secondes, puis à nouveau 60cm pendant 10s. Le cheval pouvait ensuite librement choisir un seau de récompense alimentaire.

  • Stimuli : deux photographies de chevaux regardant vers le bas (l’un des seaux). Deux chevaux modèles : un hongre bai de 15 ans (Irish x trotteur) et une jument de sport dutch noire de 10 ans, des deux côtés. Les chevaux étaient inconnus du panel. Des masques ont été ajoutés par Photoshop par la suite, soit couvrant les oreilles, soit les yeux. Le nombre total de stimuli était donc de 6 par cheval : tête « nue », tête avec les oreilles couvertes, tête avec les yeux couverts, et ce des deux côtés.
  • Lors de l’expérimentation, le stimuli était orienté vers la gauche ou vers la droite.

En image, les choix étaient les suivants :

Photos des différents stimuli

Photos des différents stimuli

Résultats

  • Les chevaux étaient clairement sensibles à l’attention d’un autre cheval, et particulièrement si ce dernier ne portait pas de masque : ils avaient ainsi plus tendance à s’orienter vers le sceau qui n’avait pas d’attention ; cette tendance était en forte baisse lorsque les yeux et les oreilles étaient masqués ;
  • Selon les zones masquées, le cheval test mettait également plus ou moins de temps à faire un choix entre les deux sceaux (plus de temps lorsque tout était visible, et pas de changement lorsque seuls les oreilles ou les yeux étaient couverts).

Conclusion

Les chevaux sont donc sensibles à l’état d’attention d’un congénère, et sont donc capables de reconnaître leur capacité à sentir l’attention d’un prédateur sur eux ayant déjà été démontrée. Dans l’étude, les chevaux ont été capables de prendre des décisions alimentaires selon l’attention, ou non, du stimuli : les informations transmises par les yeux ainsi que les oreilles sont capitales dans la compréhension de leur environnement.

Des pistes de réflexion restent en suspens, notamment quelles sont les sources d’informations au sein de ces deux zones (blanc de l’œil ? taille de la pupille ? orientation de l’oreille ?).

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