Harper : témoignage d’un avant/après
Cet article est la partie 2 de 2 du dossier Le harper

Kaplan est un cheval de selle né en 98. Je l’ai connu en 2003, d’abord en tant que cheval de club et puis nos chemins se sont définitivement liés en 2005.

 Vie d’un cheval ayant un Harper

Kaplan a toujours des soucis locomoteurs, tout d’abord un shivering sur les deux postérieurs, rendant de façon très difficile le ferrage et puis tout simplement le curage de ces deux pieds là. Kaplan a l’époque faisait énormément de box et de manège, un grand cheval contraint de tourner court trop souvent, restreint dans ses mouvements du quotidien.

Un cheval qui à cette époque est plus gêné psychologiquement que physiquement: il faut savoir que le harper était moins présent dans sa jeunesse qu’il ne l’a été ces dernières années. Au début, c’était après un gros coup de stress, ou pendant une grosse période de froid, les détentes en hiver étaient longues. Mais aussi une demusculation entraîne souvent pour ne pas dire toujours une aggravation du harper.

A cette époque, le shivering, plus visible, m’inquiétait plus. Mais les deux liés rendaient certaines choses très dures surtout sans musculature ou échauffement préalable:  curage, ferrage, reculé, déplacement de l’arrière, les passages étroits de par le stress qu’ils procurent.

Je ne peux pas parler pour tous les chevaux ayant un harper, ou un shivering. Mais la confiance en l’humain est d’autant plus primordial qu’elle facilite les choses:

  • ” Tu peux prendre mon pied pour curer j’ai confiance tu ne vas pas me crier dessus. “
  • ” Je peux prendre mon temps pour marcher l’hiver, c’est dur mais tu me donnes le temps”

Un cheval atteint d’un harper n’est pas handicapé pour autant, en fonction du degré de harper. Kaplan sautait et ce superbement, il dressait plutôt et une fois bien échauffé, avait de belles allures (allures qu’il a toujours d’ailleurs).

Agravation du Harper

Mais avec les chutes au pré, les contractions et autres, et puis l’outrage du temps, le harper contrairement au shivering a pris une place plus quotidienne. On passe d’un petit harper une foulée sur 3 ou 4, à une hyperflexion très haute une foulée sur deux, d’abord l’hiver, et puis même l’été. Bien qu’il soit au pré plus de la moitié de l’année, parfois ça tire et hop hyperflexion.

On douche, on masse, on argile, on remuscle encore, ça s’atténue un peu.  Mais le Harper ne disparaît jamais. Je compte les foulées entre chaque hyperflexion pour me donner une idée de la gravité de la situation du jour et savoir ce que l’on va faire, ou plutôt ne pas faire.

Les cercles deviennent durs, le travail sur deux pistes se fait très rare. Et voila qu’en été, les hyperflexions deviennent aussi récurrentes qu’en hiver malgré tous les soins apportés jusque la. Kaplan marche parfois par bond, reporte énormément de poids sur l’avant main pour soulager l’arrière, finissant ainsi par composer devant et boiter parfois de façon aléatoire.

J’essaye différent traitement à l’harpagophytum, des cataplasmes d’argile et d’algues, des massages encore et encore mais rien y fait ce coup, l’affable harper est installé et ne s’atténue plus.

Vient le jour où il ne galope plus, où il ne trotte plus, tout cela devient bien trop dur pour lui de se mouvoir au pas alors aux allures supérieurs, c’est peine perdue. Je le soupçonne de ne pas boire  à sa soif, de ne pas aller au foin parce qu’il faut marcher un peu.

Décision de l’opération

L’heure est grave il s’ennuie, n’a pas le moral.  Le vétérinaire vient, il est vraiment sceptique, allant même jusqu’à raccompagner Kaplan avec moi jusqu’au pré. Il me dit qu’il va se renseigner, et finalement seule une opération est faisable et envisageable. Je contacte une demi-douzaine de cliniques : la clinique du Grand Renaud à côté du Mans retient mon attention.  Le rendez vous est pris. J’ai peur, peur que ça ne fonctionne pas, peur qu’il ne se réveille pas de l’anesthésie (30% environ de décès en réveil post-opératoire). La clinique m’explique qu’ils vont faire deux sections de tendons: le long extenseur du doigt au dessus et au dessous le jarret. Une semaine là-bas, pour 45 minutes d’opération. On y va.

J’ai pendant cette période pu bénéficier d’un soutien sans faille de mes amis et proches parents. Aide financière, malgré la vente de tout mon matériel, mais aussi transport de Kaplan aller et retour et hébergement sur place pendant ces quelques jours.

Arrivée à la clinique, il est ausculté directement par le chirurgien chargé de son cas, celui que j’ai eu au téléphone. Pour lui, pas de soucis, c’est du déjà vu et du déjà fait. Une fois opéré, j’ai pu aller voir mon grand dadet en salle de réveil, beaucoup d’émotion. Kaplan émerge juste. Le lendemain je vois d’un peu plus près l’immense pansement qui va du grasset au boulet et ce sur plusieurs couches (un Robert Jones comme ils disent la bas).

Après l’opération

Le vétérinaire m’explique chaque produit à donner, les pansements, etc, bref j’ai une vraie feuille de suivie. Kaplan voyage bien sur le retour mais s’arrache tout le pansement et 10 agrafes deux heures après son arrivée à l’écurie, et finit par démolir la porte du box dans lequel il devait rester un mois et demi. J’ai voulu tout suivre au pied de la lettre. Kaplan passe en mini paddock pendant 15 jours ( 4X3 m) et ensuite il fait du 3X6/7m pendant 3 semaines. Il retrouve rapidement la totalité de son pré et la : Ô joie, Ô miracle, plus de harper, ça trotte a fond, ça galope, ça joue alors qu’il ne devrait pas .. Résultat le harper revient un peu mais plus de douleur, son mental de jeune loupiot est revenu.

On reprend doucement la longe en octobre c’est a dire un mois et demi après l’opération.

Kaplan a pris une retraite depuis, c’est le premier a faire le souk, a galoper, faire des sauts de moutons, entraînant avec lui son nouveau copain de pré, à qui, il enseigne la vie.

 NB: l’opération a couté 1300 €.

Vidéo avant/après

Parcours du dossier<< Le Harper classique ou australien

1 commentaire

  1. DELArue Auteur mars 29, 2017 (11:29 )

    Bonjour
    Mon cheval harpe d’un postérieur depuis maintenant plusieurs années..
    À l’époque peu de solutions et peu d’articles. Les veto n’avaient pas non plus trop de solutions quand à ce traumatisme un peu méconnu ..
    Apres avoir cherché des témoignantes et lu des articles vétérinaire qui malheureusement parlent plus du harper australien que du classique Jai un peu baissé les bras et me suis résignée.
    En observant mon cheval au pré cet après midi j’ai décidé de remette le nez dedans .. et je tombe sur votre article et témoignoige !
    Quand est il a ce jour pour Kaplan ?
    Mon cheval a pris 16 ans
    Harper unilatéral du postérieur gauche
    Premiers signes de harper 2014
    Arrêt / retraite depuis 1 an devant le sentiment d’impuissance face à ce problème
    Vie au pré box l’hiver et pré l’été

    J’aimerais savoir si l’opération l’a vraiment amélioré ?

    Répondre à DELArue

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